« Les vaccins obligatoires imposés aux médecins sont peu nombreux et il est légitime de s'interroger sur la nécessité ou non de rendre obligatoires d'autres vaccins qui sont aujourd'hui fortement recommandés », écrit le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) dans un rapport publié ce 2 décembre 2025. Un document de 120 pages sur la vaccination en France en 2025, qui vise à renforcer la confiance vaccinale.
Au chapitre des vaccinations des médecins, le guide de l’Ordre recommande d’actualiser « régulièrement les obligations vaccinales et de les rendre pérennes ». « Le Cnom soutient leur révision ciblée et basée sur l’évaluation des risques actuels, la couverture vaccinale de la population générale, l’exemplarité médicale et la protection des patients vulnérables », indique le communiqué qui accompagne cette publication. Concrètement, « il appuie la proposition de la Haute Autorité de santé (HAS) de rendre la vaccination contre la rougeole obligatoire pour les professionnels de santé », est-il précisé.
Actuellement, les vaccins contre l'hépatite B, la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont obligatoires pour les professionnels de santé. En juillet 2023, la HAS a recommandé d'y ajouter la vaccination contre la rougeole. L'Ordre note que 70 à 80 % des soignants sont correctement vaccinés contre cette maladie, « bien en deçà du seuil de 95 % nécessaire pour interrompre la transmission », mais aussi qu'ils sont impliqués « dans 75 à 83 % des cas survenus en établissement ».
Concernant la grippe, le Cnom s'aligne aussi sur la HAS, qui a proposé que la vaccination reste recommandée mais pas obligatoire, une position pouvant évoluer « si la force des preuves venait à augmenter ». « Le Code de déontologie médicale impose aux médecins d’éviter de nuire à leurs patients, ce qui pourrait être interprété comme une obligation morale de se vacciner », lit-on dans le rapport.
Plaidoyer pour une médecine préventive pour tous les médecins
L'Ordre préconise de mettre en place un dispositif de médecine préventive « avec un accent sur la vaccination et la préservation de la santé au travail » pour l'ensemble des médecins, en particulier les libéraux. « Les hospitaliers et salariés ont accès à la médecine du travail. Les libéraux, pourtant tout aussi exposés ne disposent pas d’un système équivalent, ce qui constitue une rupture d’égalité », observe le rapport. Cette médecine permettrait notamment de s’assurer que les médecins « sont à jour de leurs vaccins (grippe, Covid, hépatite B…) », de réduire les risques de transmission aux patients et de repérer les signes d’épuisement professionnel.
Plus largement, le rapport souligne la nécessité de lutter contre la méfiance vaccinale qui « persiste au pays de Pasteur », alimentée notamment par « la complexité du calendrier, le manque d’information fiable et la diffusion de messages erronés en ligne ». Le Cnom plaide pour une communication renforcée, notamment sur les vaccinations scolaires et professionnelles, et pour un débat apaisé sur l’équilibre entre liberté individuelle et protection collective.
Patients ou parents vaccinosceptiques, responsabilité médicale en cas d’effets secondaires…
« Pour renforcer l’efficacité du parcours vaccinal tout en préservant la confiance du public », l’Ordre appelle à simplifier le calendrier vaccinal, « tant dans son contenu (schémas, combinaisons vaccinales) que dans sa mise en œuvre (multiplication des lieux et acteurs de vaccination, numérisation des rappels) ». En outre, « pour renforcer l'accessibilité et l'adhésion vaccinale », l’instance demande aux autorités de mettre à disposition des médecins, sur leur lieu d’exercice (des cabinets aux services hospitaliers), des doses de vaccins, Il suggère aussi l’intégration des recommandations dans les logiciels médicaux, avec des alertes en temps réel sur les ruptures d’approvisionnement et les substituts validés par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).
Enfin, le rapport de l’Ordre propose en annexes plusieurs fiches pratiques pour aider les médecins, par exemple face à un adulte hésitant ou opposé à la vaccination, ou à des parents qui refuseraient une vaccination pourtant obligatoire pour leur enfant. Sont aussi abordées les questions de responsabilité médicale, notamment en cas d’effets secondaires liés à la vaccination, les démarches en cas de perte du carnet de santé, ou le rattrapage vaccinal.
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