Chez l’adulte en obésité sévère, le vaccin antigrippal recombinant induit une réponse immunitaire significativement plus élevée pour trois des quatre souches grippales étudiées à 28 jours (A/H1N1, A/H3N2, B/Yamagata) par rapport au vaccin antigrippal standard inactivé, montre une étude française menée dans 15 centres. Ce travail, promu par l’AP-HP et cordonné par les réseaux F-Crin, Force et I-Reivac, souligne ainsi « l’importance d’adapter les stratégies vaccinales aux populations à risque ». Publiée dans Clinical Infectious Diseases, « cette étude ouvre la voie à une approche plus personnalisée de la prévention de la grippe », expliquent ses auteurs dans un communiqué commun des réseaux de recherche.
Les personnes en obésité sont plus à risque de formes graves de grippe, comme d’autres infections. Si plusieurs travaux suggèrent que leur réponse immunitaire après vaccination pourrait être moins intense ou moins durable, notamment en raison des perturbations du système immunitaire liées à l’inflammation chronique, « les données sur l’efficacité des vaccins dans cette population restent limitées ».
Diminution rapide de la réponse immunitaire
L’étude Fluo a inclus 206 participants en obésité sévère (IMC ≥ 35 kg/m2) randomisés pour recevoir, soit un vaccin standard inactivé (n = 102), soit un vaccin recombinant (n = 104) dit « de nouvelle génération », conçu pour ne contenir qu’une protéine du virus (l’hémagglutinine) ce qui augmente la quantité d’antigène (environ trois fois plus). Les participants avaient en moyenne 50 ans, un IMC de 41 kg/m2, étaient à 60,2 % des femmes et près d’un tiers avait plus d’une comorbidité.
À 28 jours, les chercheurs ont observé que le vaccin recombinant induisait une réponse immunitaire significativement plus élevée pour trois des quatre souches grippales étudiées (A/H1N1, A/H3N2, B/Yamagata), tandis qu’aucune différence n’est observée pour la souche B/Victoria. À six mois, les auteurs rapportent une incidence cumulative de syndromes grippaux de 15,9 % dans le groupe recombinant contre 9,6 % ; et une grippe confirmée par PCR chez deux participants du groupe recombinant contre 0 cas dans le bras contrôle. De plus, les différences de réponse entre les vaccins n’étaient plus significatives, « suggérant un bénéfice principalement à court terme » et « une diminution plus rapide de la réponse immunitaire chez les personnes en obésité ». Concernant la tolérance, les auteurs rapportent des effets comparables dans les deux groupes.
Ces résultats plaident pour privilégier le vaccin recombinant chez les personnes en obésité. Mais les auteurs restent prudents : « Fluo est une étude d’immunogénicité et ne permet pas de conclure directement sur l’efficacité clinique du vaccin ». Des études complémentaires devraient évaluer la protection clinique réelle et définir des stratégies vaccinales optimales dans cette population. En effet, une réponse immunitaire plus élevée après vaccination, mesurée notamment par les titres d’anticorps (HAI), est généralement associée à une meilleure protection contre la grippe.
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