Au congrès européen de cardiologie qui s'est tenu en Allemagne à Munich (ESC Congress 2018 ; 25-29 août), il a été beaucoup question du rôle préventif de l'aspirine, en raison de la présentation de deux articles parus fin août dans The Lancet et The New England Journal of Medicine qui concluent à un rapport bénéfice/risque en défaveur de l'aspirine.
La première étude (ARRIVE) randomisée multicentrique en double aveugle du Lancet a porté sur 12 546 patients répartis dans 7 pays différents. Il s'agissait d'hommes de 55 ans et plus, et de femmes de 65 ans et plus, avec des risques cardio-vasculaires moyens. La moitié des participants prenaient quotidiennement de l'aspirine à une dose de 100 mg/jour, l'autre moitié un placebo, et ont été suivis pendant 60 mois. La différence d'événements cardio-vasculaires (décès CV, infarctus de myocarde, angor instable, AVC et AIT) entre les deux groupes, ne s'est pas avérée significative. Alors que les saignements gastro-intestinaux ont été deux fois plus nombreux dans le groupe prenant de l'aspirine (61 patients) que ceux sous placebo (29 patients) (HR: 2,11; 95% CI,1,36–3,28; p=0,0007).
Les auteurs de l'article précisent que « le nombre d'événements cardio-vasculaires observés dans cette étude était inférieur à ce qu'ils attendaient, ce que seraient dus de à une bonne prise en charge des facteurs de risques CV ».
Trop d'effets indésirables : des saignements parfois graves
La deuxième étude randomisée (ASCEND), conduite entre juin 2005 et juillet 2011 et publiée dans le NEJM, portait sur une population de 15 480 patients diabétiques (que l'on sait être à risque cardiovasculaire), suivie pendant plus de 7 ans. Il y eut moins d’événements vasculaires sévères parmi les patients sous aspirine (658) que dans le bras placebo (743). Cependant, dans le bras aspirine, il y eut 314 événements hémorragiques, contre 245 dans le bras placebo. Les saignements étaient principalement d'origine gastro-intestinale (41,3%) - parfois graves (perforations), et 17,2% d'entre eux étaient intracrâniens. Au final, le bénéfice apporté par l'effet protecteur d'événements vasculaires lié à l'aspirine est nettement contrebalancé par la survenue de problèmes hémorragiques.
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