Quel est le devenir pulmonaire des patients atteints de Covid dans les semaines qui suivent leur hospitalisation ? C’est l’un des sujets phares qui a été abordé à l’occasion du congrès de l’European Respiratory Society (ERS) qui s’est tenu en virtuel du 7 au 9 septembre.
De premiers éléments de réponse viennent d’Autriche. Les médecins des hôpitaux d’Innsbruck et Zams ont mis en place un programme de soins à 6, 12 et 24 semaines qui combine une évaluation clinique et para-clinique de patients ayant présenté des formes modérées à graves de Covid. Les résultats préliminaires sur 86 patients indiquent qu’à 6 semaines il persiste une dyspnée chez 47 % des patients et une toux chez 15 % d’entre eux. À 12 semaines, la dyspnée était moins marquée (39 %) mais la toux persistait (15 %).
Les valeurs des EFR se sont améliorées entre la 6e et la 12e semaine. Les images radiologiques qui étaient présentes chez 88 % des patients à la première consultation n’étaient plus retrouvées que chez un peu plus d’un patient sur deux à 12 semaines. Aucun patient ne présentait de fibrose pulmonaire à la deuxième consultation. « La mauvaise nouvelle c’est que les patients gardent pour beaucoup un déficit respiratoire dû au COVID-19 plusieurs semaines après leur sortie ; mais la bonne nouvelle c’est que cette déficience a tendance à s’améliorer avec le temps, ce qui suggère que les poumons ont un mécanisme pour se réparer », a déclaré le Dr Sabina Sahanic, co-auteur de l’étude.
Les investigateurs ont aussi observé une dysfonction du ventricule gauche chez 58,6 % des malades à 6 semaines, ce taux diminuant ensuite. Les résultats à 24 semaines et sur un panel plus important de patients (150) devraient être disponibles dans les prochains mois.
L'intérêt d'une réadaptation précoce
Une deuxième étude menée par une équipe grenobloise (Dr Yara Al Chikhanie) a évalué les résultats d’un programme de réhabilitation respiratoire chez 19 patients (11 hommes et 8 femmes) pris en charge avec une intubation en réanimation (séjour moyen 26 jours puis 13 jours en pneumologie). À l’issue de 28 jours de prise en charge en soins de suite et de réadaptation (SSR), la valeur du test de marche sur 6 minutes qui était de 16 % de la normale à l’arrivée dans le service a pu passer à 43 %.
Plus le programme était débuté rapidement dans les suites de la sortie de réanimation, meilleurs étaient les résultats obtenus. L’équipe souligne par ailleurs que même si des épisodes de désaturation étaient notés à l’exercice, peu de patients se sont plaints de dyspnée. Enfin, il semblerait que l’inclusion à un programme de ce type ait permis de limiter les répercussions psychologiques de la maladie et du passage en réanimation.
Ces résultats « montrent à quel point il est essentiel pour les patients de commencer une rééducation pulmonaire dès qu’ils sont physiquement capables de le faire » a commenté Thierry Troosters (Louvain, Belgique), le président de l’ERS.
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