[Pour son dernier numéro de l’année, Le Généraliste s’est intéressé aux défis de l’environnement auxquels sont confrontés les médecins. Du 23 au 31 décembre, nous publions les articles de ce numéro bilan.]
Les études épidémiologiques sur les populations exposées ont permis de documenter des liens étroits entre pollution et pathologies cardiovasculaires (CV), à la fois en aigu lors de pics de pollution, mais aussi en chronique. Pour autant, l’impact de la pollution « est plus compliqué à analyser que les facteurs de risque classique d’athérosclérose comme le cholestérol ou la pression artérielle », nuance le Pr Jean Ferrières (Toulouse). L’intensité et la durée de l’exposition sont importantes mais pas uniquement. D’autres facteurs interfèrent, comme le statut socio-économique qui apparaît comme un facteur de confusion important.
Des chercheurs anglais ont montré que plus on est proche d’une route principale à forte circulation, plus le taux d’infarctus augmente mais cette population exposée est aussi composée de patients à faible niveau socio-économique, avec des indicateurs de santé défavorables (tabac, mauvaises habitudes de vie ou diabète), de telle sorte qu’il est difficile de faire la part des choses.
Il faut aussi tenir compte de l’ensemble des pollutions auxquelles est soumis un individu. « La pollution environnementale (gaz d’échappement, poussières mais aussi grande chaleur ou grand froid, radiations, bruit, métaux lourds dans les aliments…) pèse plus que la seule pollution atmosphérique », souligne le spécialiste. « C’est le cumul des facteurs d’environnement qui en fait la dangerosité. »
Hypoxie
La hausse des infarctus pendant les pics de pollution concerne souvent des patients présentant d’autres facteurs de risque et porteurs de plaques instables. « La pollution crée une petite hypoxie qui fait basculer dans l’accident aigu », précise le Pr Jean Ferrières (Toulouse).
Côté polluants, l’étude publiée dans Circulation en 2005 par l’équipe toulousaine montre que la pollution à l’ozone est liée à la survenue d’infarctus. Les particules fines sont aussi dans le collimateur. Elles traversent la barrière pulmonaire et viennent se loger dans l’intima des vaisseaux. Dans une étude parue en 2019, R. J. Januszek et al. montrent une hausse du nombre d’angioplasties en cas de pollution par particules fines de PM10. Le recours à l’angioplastie augmente aussi significativement en hiver, en raison de la conjonction de plusieurs facteurs dont le chauffage urbain et le brouillard.
Moins bien documentée, la pollution sonore est un autre élément environnemental qui joue sur les risques d’hypertension. Le bruit augmente la pression artérielle de 3-4 mm de Hg.
En pratique, lors des pics, il faut déconseiller l’activité physique près des grands axes urbains car l’augmentation du volume respiratoire favorise l’inhalation profonde des particules fines et des gaz. Pour les coronariens, l’observance doit aussi être renforcée dans ces moments-là, en particulier pour l’aspirine qui permet de lutter contre l’effet pro-thrombotique de la pollution.
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