À l'ANSM, s'est tenue le 10 juillet une consultation publique sur la « communication des données de sécurité des vaccins obligatoires pour les enfants de moins de 2 ans ». C'est plus exactement un Comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) mis en place par l'Agence du médicament qui a procédé à ces auditions retransmises en direct sur Dailymotion, et qui restent en ligne. Ont été auditionnés des représentants des laboratoires pharmaceutiques (Leem), des ordres des professionnels de santé, des associations de victimes d'accidents vaccinaux, etc.
Que 10 % d'effets indésirables signalés
Lors de ces auditions, il a été rappelé que depuis le 13 mars 2017, un site permet aux professionnels de santé comme aux patients, de signaler un événement sanitaire quand il est suspecté d’être « lié à un produit de santé, un produit de la vie courante ou un acte de soins ».
Pour autant la déclaration de ces effets indésirables n'est pas un exercice si courant ni forcément facile. Le Dr Anne Burbaud, référente vaccination à l'ARS de la Nouvelle Aquitaine, a rapporté la parole des professionnels de santé de sa région, critiquant le temps passé pour effectuer une déclaration d'effets indésirables. Au total, d'après l'ANSM, environ 10 % des effets indésirables seraient réellement signalés. Ce sont surtout les effets les plus graves qui sont rapportés.
Les premiers résultats en fin d'année
L'ANSM travaille actuellement sur des systèmes de surveillance spécifique à court et long terme des vaccinations, et en particulier des 11 vaccins obligatoires. Les premiers résultats du rapport annuel de sécurité (sur les 6 premiers mois de 2018 et une synthèse des enquêtes de pharmacovigilance) seront connus au dernier trimestre de cette année. Puis un rapport sera publié chaque année.
Le rôle et les obligations des généralistes
Concernant le rôle des médecins vis-à-vis de ces vaccinations obligatoires, l'intervention du Dr Jean-François Gérard-Varet du Conseil national de l'ordre des médecins, fut particulièrement remarquée. Concernant les vaccins obligatoires, il a rappelé les articles de code de santé publique liés à l'obligation vaccinale, et en particulier les solutions juridiques en cas d'opposition des parents à un de ces vaccins, dont l'article L. 3 116-4 correspondant au signalement auprès du procureur de la République.
Pour conforter la bonne application de cette obligation vaccinale, le Dr Gérard-Varet a rappelé les propositions et souhaits de l'Ordre national des médecins. Parmi ceux-ci : la nécessité d'informer suffisamment tôt les professionnels de santé des éventuelles pénuries de vaccins ; mais aussi des éventuels effets indésirables découverts pour pouvoir apporter les informations indispensables à leurs patients. Le Dr Gérard-Varet a aussi souligné que des « messages parfois contradictoires émis par les pouvoirs publics sur l'intérêt des vaccinations ont mis les professionnels dans l'embarras pour convaincre de l'utilité vaccinale (hépatite B, HPV) ».
Ce médecin a tenu aussi a rappelé un point important concernant la vaccination des professionnels de santé, et en particulier contre la grippe : « La déontologie médicale rappelle que le médecin étant au service de l'individu et de la santé publique, il doit se conformer à l'article L. 3 111-4 du code de santé publique vis-à-vis de l'obligation vaccinale ».
blockquote class="twitter-tweet" data-partner="tweetdeck">A l@Ansm, un représentant de l'Ordre des médecins a rappelé que "la vaccination contre la #grippe doit être imposée à tout professionnel de santé en contact avec les malades > Code de santé publique" #vaccin pic.twitter.com/acQYt7JTIc
— Le Généraliste (@LeGene_hebdo) July 11, 2018A l'automne dernier, Agnès Buzyn avait fortement incité les professionnels de santé à se faire vacciner contre la grippe. Sera-t-il question d'obligation cette année ? Attendons quelques semaines pour le savoir…
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