Le tabac est bien un facteur aggravant de Covid selon le HCSP

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Publié le 14/05/2020
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Crédit photo : GARO/PHANIE

« La littérature internationale ainsi que les données françaises montrent que le tabac est un facteur de gravité et de mortalité plus élevé chez les patients Covid-19 ». Dans un avis publié le 12 mai, le Haut Conseil de la santé Publique (HCSP) revient sur les liens entre tabac et infection par SARS-CoV-2.  

En avril plusieurs papiers portant sur des séries de patients Covid symptomatiques (dont l’article très médiatisé de la Pitié-Salpétrière) ont rapporté une plus faible prévalence du tabagisme chez ces malades par rapport à celle de la population générale. D’où l’idée que les fumeurs pourraient avoir un risque beaucoup plus faible de développer une infection symptomatique ou grave par le SRAS-CoV-2. A contrario, plusieurs publications notamment chinoises ont pointé du doigt le tabagisme comme facteur de mauvais pronostic en cas d’infection.

Afin d’y voir plus clair, les experts du HCSP se sont auto saisis de la question. Après analyse des données de la littérature internationale et des données françaises,  l’avis conclut que le tabac est bel et bien un facteur de gravité et d’évolution péjorative de Covid-19.  

Concernant les données montrant une plus faible proportion de fumeurs parmi les patients Covid-19, « l’hypothèse explicative la plus probable est une sous-notification du tabac dans ces séries », note le HCSP tout en reconnaissant l’existence d’un « signal qu’il est nécessaire d’explorer ». 

Au vu de ces éléments, le HCSP incite «  les professionnels de santé à une vigilance accrue en cas de repérage d’un patient Covid-19 fumeur, étant donné le rôle pronostique défavorable que constitue le tabagisme » et invite à « déconseiller l'auto-prescription de produits nicotiniques à des fins de  protection contre le Covid-19 » 

Les experts  appellent par ailleurs à « réfuter clairement la fausse information sur le tabac présenté comme protecteur vis-à-vis de l’infection par SARS-CoV-2 dans toute communication publique sur le sujet ».

Bénédicte Gatin

Source : lequotidiendumedecin.fr