Ce n'est pas la première fois qu'un rapport conclut à la dangerosité des cabines du bronzage. Cette fois-ci l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses) enfonce le clou. Et « recommande aux pouvoirs publics de prendre toute mesure de nature à faire cesser l’exposition de la population aux UV artificiels émis par les cabines de bronzage à des fins esthétiques ».
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses), ainsi que l’Institut national du cancer (Inca) et l’Agence nationale de santé publique (ANSP), avaient été saisis en mai 2018 par la Direction générale de la santé (DGS) pour refaire un point sur ce sujet. Les dernières études sur l'exposition aux UV artificiels ont pu être prises en compte.
Risque de mélanome augmenté de 59%
Déjà en 2014, l’Anses indiquait que les personnes ayant eu recours au moins une fois aux cabines de bronzage avant l’âge de 35 ans augmentent de 59 % le risque de développer un mélanome cutané. « En France, il a été estimé que 43 % des cas de mélanomes chez les jeunes pouvaient être attribués à une utilisation des cabines de bronzage avant l’âge de 30 ans », indique l'Anses dans son dernier rapport. « Deux études épidémiologiques récentes réalisées aux États-Unis et en Norvège ont conforté le niveau de preuve du risque cancérigène lié à l'utilisation des appareils de bronzage ».
Interdiction ou restriction
En 2017, l'OMS avait émis des préconisations allant de l’interdiction pure et simple des appareils de bronzage par UV artificiels... à une restriction d’accès (interdictions aux moins de 18 ans, aux personnes à haut risque de cancer cutané...), assortie de conditions d’exploitation et à l’information des utilisateurs.
« On recommande l'arrêt de l'activité liée au bronzage artificiel, et aussi l'arrêt de la vente d'appareils délivrant des UV à visée esthétique notamment aux particuliers », a expliqué à l'AFP, Olivier Merckel, chef de l'unité d'évaluation des risques aux agents physiques à l'Anses, qui a suivi l'expertise. En 2015, l'Académie de médecine s'était prononcée sur l'urgence d'interdire les cabines de bronzage, une mesure d'ailleurs adoptée par le Brésil et l'Australie. Aujourd'hui, la balle est donc du côté de la DGS et du ministère de la santé...
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