La directrice adjointe du pôle neurologie, psychiatrie, anesthésie et médicaments de l’addiction à l’alcool à l’ANSM commente le rapport de l'agence sur les mésusages et les problèmes liés aux antalgiques opioïdes.
Sommes nous en situation d’alerte vis-à-vis de des antalgiques opioïdes ?
Nathalie Richard : Non, nous n’en sommes en pas à ce niveau. Cependant, ce rapport indique qu’en France nous devons rester extrêmement vigilants face à certains signaux comme l’augmentation du nombre de patients hospitalisés pour intoxication, mais aussi du nombre de décès liés à ces antalgiques. Il était important de faire un état des lieux complet pour savoir où l’on en est, en ayant en tête la situation dramatique aux états-unis.
Quelles sont les situations à risque ?
N. R. : Des hospitalisations liées à des intoxications par ces médicaments s’observaient habituellement chez des malades algiques atteints de cancer par exemple, mais aussi chez des usagers de drogues détournant les opioïdes. Ce que notre rapport a mis en évidence, c’est l’augmentation des hospitalisations liées à un opioïde prescrit dans un cadre “normal” quelques semaines auparavant chez des patients souffrant de douleurs.
Quels signaux doivent alerter les généralistes ?
N. R. : Les généralistes ont un rôle fondamental pour informer les patients sur les risques éventuels liés aux opioïdes, identifier ceux en difficulté (renouvellement d’ordonnance à bien évaluer, augmentation des doses, etc.) et les orienter vers un addictologue si besoin. Les professionnels de santé doivent également déclarer les cas d’abus et de mésusages de ces médicaments aux réseaux de pharmacovigilance et d’addictovigilance. Les généralistes doivent être d’autant plus vigilants quand ils suivent des patients sous opioïdes après hospitalisation ou passage aux urgences, car ils pourraient par la suite montrer des signes de dépendance.
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