Alors que la circulation de variants anglais et sud-africain fait planer la menace d’un échappement vaccinal, la société Moderna se veut rassurante. D’après elle, son vaccin resterait efficace contre ces nouveaux clones. C’est du moins ce que suggère un communiqué diffusé hier par le laboratoire.
D’après ce document, Moderna aurait conduit une expérimentation in vitro sur des sérums issus de primates et de sujets humains ayant reçu deux doses de son vaccin au cours de précédentes phases de recherche. Si les résultats de cette investigation à laquelle ont pris part deux instituts de recherche anglais n’ont pas encore fait l’objet d’une publication scientifique, la société avance toutefois des résultats positifs pour les deux variants testés, et en particulier pour le clone anglais.
Un titre d'anticorps neutralisants moindre avec le variant sud-africain
Les sérums testés auraient en effet été associés à une capacité à neutraliser le variant anglais similaire à celle observée avec de précédents clones du SARS-CoV-2. « Les titres d’anticorps neutralisants sont restés élevés » et « aucun impact significatif sur la neutralisation n’a été observé », précise Moderna.
Une expérience pas tout à fait reproductible avec la souche sud-africaine du SARS-CoV-2. Avec ce variant, les titres d’anticorps neutralisants auraient été réduits de 6 fois par rapport à ce qui a été observé avec de précédents mutants, « suggérant un risque potentiel de déclin prématuré de l’immunité », admet Moderna. « Malgré cette réduction, les niveaux [d’anticorps neutralisants] restent au-dessus de ceux considérés comme protecteur », rassure toutefois l’entreprise.
Développement d’un nouveau candidat vaccin
Le laboratoire aurait néanmoins déjà lancé de nouveaux projets de recherche visant à assurer, voire à augmenter l’efficacité de son vaccin contre ces deux nouvelles souches. « D’abord, la compagnie évaluera la capacité d’une dose de rappel supplémentaire de son vaccin […] à augmenter les titres d’anticorps à mêmes de neutraliser les souches émergentes », promet Moderna. Dans un second temps, la société devrait également estimer les performances d'un candidat rappel à l'ARN légèrement modifié, plus spécifique du clone sud-africain.
Le vaccin de Pfizer également actif contre le variant britannique
Quoi qu’il en soit, Moderna n’est pas seule à se vouloir rassurante quant à l’efficacité de son vaccin sur les nouveaux variants du SARS-CoV-2. Depuis début janvier, Pfizer multiplie elle aussi les expérimentations et les annonces. Ainsi la société aurait conduit deux études pour le moment pas relues par des pairs. D’après deux communiqués de l’entreprise, ces investigations auraient mis en évidence la capacité des sérums de patients vaccinés par Comirnaty à neutraliser à la fois un virus artificiel portant la mutation N501Y commune aux souches britannique et sud-africaine ainsi que le variant anglais entier. Des travaux qui mériteraient d’être complétés, la mutation E484K portée uniquement par le clone sud-africain inquiétant plus les spécialistes que celles testées.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention