Covid-19 : une étude du Lancet objective l’impact du vaccin de Pfizer sur la dynamique épidémique en Israël

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Publié le 06/05/2021
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Crédit photo : VOISIN/PHANIE

La réduction de l’incidence des infections à SARS-CoV-2 enregistrée au début du printemps en Israël pourrait bien être attribuable au moins en partie à l'utilisation massive du vaccin de Pfizer. C’est du moins ce que suggèrent les auteurs d’une vaste étude observationnelle conduite en vie réelle dans le pays et publiée hier dans le Lancet.

Voilà déjà plusieurs semaines que les performances des vaccins anti-covid-19 commencent à se vérifier en vie réelle. « Ainsi des estimations préliminaires de l’efficacité d’une dose du vaccin de Pfizer ont-elles été réalisées au Danemark, en Israël, en Grande-Bretagne et aux États-Unis », rapportent les auteurs de l’étude du Lancet. De même, une première évaluation de l’efficacité de deux doses de Comirnaty conduite en Israël sur plus d’un million de personnes (dont plus de 500 000 vaccinés) est déjà parue dans le New England Journal of Medicine (NEJM) il y a trois semaines. Toutefois, des données d’efficacité manquent encore dans certains groupes comme les personnes âgées et pour certaines formes d’infections telles que celles asymptomatiques, et surtout, « aucune estimation de l’impact en population d’un vaccin Covid-19 sur l’incidence des infections par le SARS-CoV-2 n’avait encore été rapportée », soulignent les chercheurs. 

Pour combler cette lacune, les auteurs ont recueilli et analysé les données de surveillance épidémiologique nationales correspondant à la période du 24 janvier au 3 avril, à l’issue de laquelle plus de 10 millions de doses du vaccin de Pfizer, seul vaccin disponible au 3 avril en Israël, ont été administrées à plus de 5,2 millions de personnes - permettant à plus de 72 % des plus de 16 ans et 90 % des plus de 65 ans de compléter le schéma de vaccination à deux doses.

L'impact du vaccin indépendant de l’effet du confinement

Résultat : une corrélation entre utilisation massive du vaccin et baisse progressive de la circulation du SARS-CoV-2 enregistrée au cours de la période d'étude peut être trouvée. « Dans l'ensemble, à mesure que la couverture vaccinale augmentait, [l’incidence] des cas d'infection par le SRAS-CoV-2 a nettement diminué dans tous les groupes d'âge », affirment les auteurs. Ainsi le taux d’incidence quotidienne des infections à SARS-CoV-2 est-il passé, chez les plus de 65 ans, de plus de 30 cas pour 100 000 personnes fin janvier (environ 35 % des plus de 65 ans vaccinés avec deux doses), à environ 3/100 000 début avril (90 % des plus de 65 ans vaccinés avec 2 doses). De même, chez les 16-24 ans, le taux d’incidence du Covid-19 a chuté de plus de 30 points entre début mars (30 % de cette population vaccinée avec deux doses) et début avril (plus de 50 % des jeunes vaccinés avec deux doses).

Si on peut toutefois raisonnablement se demander si cette importante diminution de l’incidence des infections à SARS-CoV-2 n’est pas plutôt due au confinement mis en place en Israël jusqu’au 7 mars, les auteurs réfutent cette hypothèse. « Bien que de premières diminutions de l’incidence des infections aient été notées environ 2 semaines après la mise en œuvre du confinement, des baisses plus marquées ont suivi l’augmentation du taux de vaccination », avancent-ils.

L’efficacité confirmée contre le variant anglais et les formes asymptomatiques

En outre, ce travail confirme en vie réelle l’efficacité du vaccin dans diverses populations particulières ou contre différentes formes de covid-19. Par exemple, vis-à-vis des infections asymptomatiques, Comirnaty est apparu efficace à 91,5%. Et chez les personnes âgées de plus de 75 ans, voire de plus de 85 ans, l’efficacité est restée globalement supérieure à 96%.

En outre, les auteurs concluent également à l’efficacité de Comirnaty contre le variant dit anglais. De fait, alors qu’au cours de la période, 95% des échantillons testés se sont avérés positifs au clone B.1.1.7., le vaccin s’est tout de même avéré efficace à 97% pour éviter les formes symptomatiques de covid-19.


Source : lequotidiendumedecin.fr