La BPCO étant largement sous diagnostiquée une équipe propose un modèle prédictif pour estimer le risque de déclin de la fonction respiratoire en population générale. Loin des questionnaires qui se sont avérés peu pertinents sur le dépistage de masse, ce modèle prédictif a été conçu grâce à l’intelligence artificielle et au « deep learning ». En étudiant la cohorte de Framingham sur plus de 19 000 patients et en l’extrapolant sur deux autres cohortes (CARIDA et ARIC), les auteurs ont identifié 20 variables (sur 126 initialement retenues) fortement associées à l’évolution de la fonction respiratoire (appréciée par le VEMS). Ils ont ensuite élaboré une application Web accessible gratuitement, proposant une prévision du risque de BPCO basée sur ces prédicteurs.
L’initiative ne fait pas l’unanimité. Dans un éditorial publié dans la même revue et intitulé « Prédire la BPCO et le déclin de la fonction pulmonaire en population générale, trop beau pour être vrai », Valerie G. Press et al. s’interrogent sur la pertinence de certains paramètres retenus. Si l’âge, le sexe, le tabagisme ou encore la présence de symptômes respiratoires évocateurs et la prise d’un traitement par bronchodilatateur paraissent légitimes, la consommation d’alcool et des paramètres sanguins comme l’hématocrite et l’albumine sont moins convaincants. Par ailleurs, si elle peut inciter au sevrage tabagique, cette modélisation pourrait aussi être faussement rassurante pour les personnes jugées à bas risque de BPCO, occultant le risque de cancer du poumon ou de risque cardiovasculaire. C’est d’ailleurs souvent ce problème de morcellement des risques qui pêche dans ces modèles prédictifs. L’éditorial pointe également l’absence de prise en compte des exacerbations dans le modèle proposé. Il souligne enfin le caractère un peu irréaliste de cet outil qui intègre des données de tests respiratoire, d’ECG et d’examens biologiques dont la réalisation semble trop complexe et trop coûteuse à grande échelle.
Egalement cette semaine
-Circ Cardiovasc Qual Outcomes : Attention à l’observance sous AOD
Un patient sur trois en fibrillation atriale n’est pas suffisamment observant aux OAD. Tel est le résultat d’une grosse compilation d’études portant sur près de 600 000 patients. D’après ce travail, un tiers des patients est en dessous de la barre des 80 % du temps passé sous anticoagulant, ce qui a des conséquences en termes de protection cérébrovasculaire : l’augmentation du risque d’AVC est chiffrée à 39 % en cas de mauvaise observance. En regardant précisément pour chacun des AOD, 71 % des patients sous apixaban suivent correctement leur traitement anticoagulant, ils sont 60 % sous dabigatran et 70 % sous rivaroxaban. La persistance du traitement anticoagulant reste meilleure sous AOD que sous AVK. Conclusion de cette étude : compte tenu de l’absence de biologie de surveillance avec les AOD, il est important de s’enquérir de l’observance des patients pour éviter la survenue d’un AVC.
-Science Translational Medicine : Une « rustine » pour les hernies discales
Une équipe américaine propose de soigner les hernies discales avec de l’acide hyaluronique puis de procéder à un scellement par du collagène pour combler la hernie. Les auteurs constatent que les interventions actuelles sur la hernie discale ne sont pas très efficaces. L’équipe de Lawrence Bonassar de l’université de Cornell aux Etats-Unis propose de combiner les techniques pour reconstituer un disque intervertébral ayant de bonnes propriétés mécaniques. L’originalité de leur approche est d’inclure dans le collagène de la riboflavine photosensible qui permet d’assurer un réseau de fibres résistantes. L’intervention ne dure que dix minutes et peut compléter une autre procédure de dissectomie.
-Openheart/BMJ : La spiruline passée au crible
Très à la mode chez les végans du fait de sa richesse en protéines, la spiruline est passée au crible d’une revue de la littérature. Les auteurs indiquent que sur 12 essais cliniques, la spiruline (1 à 19 g par jour) diminue significativement le cholestérol (- 0,37 g/l), le LDL-cholestérol athérogène (-0,33 g/l) et les triglycérides (-0,39 g/l). La glycémie (-0,05 g/l) et la pression artérielle diastolique (-7 mm de Mercure) suivent cette trajectoire vertueuse. Les auteurs en concluent que : « la spiruline améliore certains facteurs de risque cardiovasculaires établis et semble avoir un bénéfice sur la perte de poids ». Sur ce point, les mécanismes d’action proposés sont une réduction de l’infiltrat de macrophages dans la graisse viscérale, la prévention de l’accumulation hépatique de lipides, une réduction du stress oxydatif, une amélioration de la sensibilité à l’insuline et une meilleure sensation de la satiété.
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