Si la proportion d'adultes ayant déjà été infectées par le SARS-CoV-2 n’excéderait pas 7,5 % en Bretagne, elle pourrait dépasser 36,5 % en Île-de-France. Telle est la conclusion d’une modélisation française publiée la semaine dernière dans le Lancet Public Health.
Depuis le début de la pandémie, « les chercheurs et modélisateurs [développent] des méthodes pour estimer la proportion de la population ayant été infectée par SARS-CoV-2 », rappelle l’Institut Pasteur. L’enjeu : apprécier, pour lutter au mieux contre l’épidémie, le pourcentage de sujets susceptibles d’avoir, suite à une infection naturelle, développé une immunité - même partielle et de court terme - contre le SARS-CoV-2. Si dans ce cadre, les enquêtes de séroprévalence apparaissent précieuses, elles se heurtent cependant à au moins deux obstacles : leur caractère ponctuel et, surtout, la décroissance des anticorps dans le temps, tous deux associés à une sous-estimation de la proportion de personnes déjà exposées au SARS-CoV-2.
Dans ce contexte, une équipe française de l'Institut dédié à lutte contre les maladies infectieuses et du CNRS a développé une approche fondée non seulement sur les résultats de l’enquête de séroprévalence « SAPRIS » conduite à l’issue de la première vague, mais aussi sur les données d’hospitalisation les plus récentes. Une méthode qui lui a permis d’évaluer la proportion d’adultes de plus de 20 ans déjà exposés au SARS-CoV-2 non seulement dans chaque région de France, mais aussi en fonction des groupes d’âge.
De fortes disparités en fonction des régions
Résultat : si, en date du 22 mars 2021, près de 20 % de la population adulte française aurait déjà été contaminée par le coronavirus, ce chiffre cache en réalité des disparités importantes. Ainsi les régions de l’Ouest de la France apparaissent-elles moins touchées que les régions de l’Est, le record étant toutefois attribué à l’Île de France.
Les plus âgés moins infectés
Concernant la répartition des personnes contaminées par âge, sans surprise, les aînés – souvent présentés comme plus enclins à appliquer systématiquement les mesures de freinage – apparaissent les moins exposés au SARS-CoV-2. À l’inverse, les plus jeunes semblent avoir été davantage contaminés avec, dans la plupart des régions, une proportion de personnes infectées en France métropolitaine chez les personnes âgées de 20 à 49 ans 2 à 3 fois plus élevée par rapport aux plus de 50 ans.
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