Le vaccin de Moderna ayant reçu il y a deux jours une Autorisation de mise sur le marché conditionnelle européenne, « la France dispose désormais de deux vaccins pour poursuivre la vaccination de la population », s’est félicitée la HAS, en précisant la place de ce second vaccin dans la stratégie nationale de vaccination, qui reposait jusqu’à présent uniquement sur le vaccin Comirnaty de Pfizer et BioNTech.
Sa conclusion : le vaccin de Moderna, efficace contre les formes symptomatiques éventuellement graves de Covid-19 chez l’adulte même de plus de 65 ans (et très probablement de plus de 75 ans, même si cela doit être confirmé), peut être utilisé chez toutes les personnes de plus de 18 ans, à commencer par les plus vulnérables. Ainsi n’y a-t-il pas de raison, chez l’adulte, de « préférer un vaccin par rapport à l’autre », a souligné le Pr Elisabeth Bouvet, présidente de commission technique des vaccinations de la HAS, lors d’une conférence de presse.
Des conditions de conservation moins contraignantes
Si aucune étude ne s’est pour le moment attachée à comparer les effets du vaccin de Moderna à ceux du vaccin de Pfizer, ces vaccins apparaissent en effet assez similaires. Ils utilisent tous les deux la même technologie (un ARNm modifié enveloppé dans des nanoparticules lipidiques)», doivent tous les deux être administrés par voie intramusculaire, apparaissent l'un et l'autre efficaces à plus de 90 %, et semblent présenter des profils d’innocuité comparables surtout marqués par une réactogénicité importante.
Finalement, leurs seules différences notables concernent à l’heure actuelle leur présentation (seul le vaccin de Moderna est prêt à l’emploi), leurs conditions de conservation (qui ne nécessitent pas de supercongélateur pour le vaccin de Moderna), et le délai minimum entre les deux injections – de 21 jours pour Comirnaty et de 28 jours pour le vaccin de Moderna. « Ce délai de 28 jours est un seuil minimum ; en cas de délai supérieur à 28 jours après l’injection de la première dose, la vaccination peut être poursuivie quel que soit le délai par rapport à la 1re dose », insiste la HAS.
Pas d’interchangeabilité entre les vaccins
Si, pour la HAS, les deux vaccins doivent donc occuper la même place, ils ne sont toutefois pas « interchangeables ». Autrement dit, un schéma de vaccination initié avec l’un ou l’autre des deux vaccins doit être complété avec le même produit. Par exemple, « les personnes qui ont reçu une dose du Vaccin Moderna COVID-19 mRNA (nucleoside modified) doivent donc recevoir une deuxième dose de ce même vaccin pour compléter le schéma vaccinal », insiste l’autorité de santé.
Le vaccin de Moderna également contre-indiqué chez les allergiques
En outre, comme le vaccin de Pfizer, celui de Moderna présente trois contre-indications principales. « L’utilisation de ce vaccin n’est pas recommandée chez les personnes présentant des antécédents d’allergies graves de type anaphylactique, et chez les personnes ayant des antécédents connus de réaction allergique grave à l'un des composants du Vaccin Moderna COVID-19 mRNA (nucleoside modified) », indique en effet la HAS. De même, la vaccination n’est pour le moment pas proposée aux femmes enceintes ou allaitantes, faute de données disponibles dans cette population et bien qu’il ne s’agisse pas d’une contre-indication absolue. Son utilisation peut en effet être envisagée dans un contexte de grossesse « si les bénéfices potentiels l’emportent sur les risques potentiels pour la mère et le fœtus », précise la HAS. Enfin, toujours faute de données, l’autorité de santé propose d’éviter la co-administration de plusieurs vaccins, c’est-à-dire d’espacer d’au moins 15 jours l’injection du vaccin de Moderna et l’utilisation d’un autre vaccin – notamment du vaccin anti-grippal.
Quoi qu’il en soit, aucune étude n’ayant montré la capacité de l’un ou de l’autre des deux vaccins à prévenir les formes asymptomatiques et à inhiber la transmission du virus, la HAS, qui devrait prochainement étudier les dossiers des vaccins d’AstraZeneca et de Janssen, « insiste sur la nécessité de maintenir l’ensemble des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale ».
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