Covid-19 : le pic de l'épidémie sans doute franchi selon Santé Publique France mais les mesures de freinage restent d'actualité

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Publié le 20/11/2020

Crédit photo : SPL/PHANIE

Le pic de la seconde vague a sans doute été franchi, a confirmé ce vendredi Santé Publique France. Dans son dernier bilan épidémiologique, l'agence rapporte en effet une diminution de nombreux indicateurs épidémiologiques, dont les prémices avaient déjà été communiquées la semaine dernière.

Au niveau national, en semaine 46 (soit du 9 au 15 novembre), le nombre de nouveaux cas confirmés a poursuivi sa chute, cette fois-ci estimée à 40 %, contre 14 % en semaine 45, avec des taux de reproduction inférieurs à un. De même, les hospitalisations et admissions en réanimation pour Covid-19 grave ont respectivement diminué de 13 % et de 9 % en 7 jours. Autre chiffre encourageant : pour la première fois, après plusieurs semaines d’augmentation, le nombre de décès semble se stabiliser, avec 3 756 morts liés au Covid-19, contre 3 817 la semaine précédente.

La pression épidémique reste élevée

Si, dans son point presse du 17 novembre, le Pr Jérôme Salomon datait ainsi le « pic de tests positifs » au 2 novembre, où près de 70 000 contaminations ont été recensées en 24 heures, le président du conseil scientifique, le Pr Jean-François Delfraissy, situe plus prudemment le pic épidémique. « Une série d’éléments suggère qu’on est au pic, ou pas loin en tout cas, dans certaines régions. Néanmoins, c’est encore un peu tôt pour pouvoir totalement l’affirmer », indiquait-il ce matin dans un entretien accordé au Monde, soulignant que cette seconde vague, à l'émergence moins brutale que la première, « semble s'inscrire dans la durée ».

La pression épidémique demeure en effet importante, comme le souligne Santé Publique France. Avec 182 783 nouveaux cas en semaine 46 (contre 305 135 en semaine 45), l’incidence reste bien supérieure au seuil « raisonnable » fixé par le président de la République à 5 000 nouveaux cas quotidiens, soit 35 000 hebdomadaires. D'après Jean-François Delfraissy, un tel niveau d'acceptabilité ne devrait d'ailleurs pas être atteint avant Noël, voire avant début janvier.

Mais c’est surtout la pression hospitalière qui reste préoccupante, 17 390 personnes (contre 19 940 en semaine 45) ayant encore été admises à l'hôpital la semaine dernière, dont 2 761 en réanimation (contre 3 037 en la semaine précédente).

Les mesures de freinage encore maintenues

À l’origine de cette discrète mais significative amélioration de la situation « plus marquée dans les métropoles mises sous couvre-feu et ayant fait l’objet de mesures renforcées préalables » : les mesures de freinage de l’épidémie. « La temporalité entre la mise en application du premier couvre-feu, et l’inversion de la tendance une dizaine de jours plus tard, est en faveur d’un effet direct des mesures », explique en effet Santé Publique France.

Face à un contexte épidémique dont l’évolution, bien que positive, reste encore fragile, « le maintien des mesures de prévention reste [donc] d’actualité », juge l’agence.


Source : lequotidiendumedecin.fr