Cet été, si devant tout syndrome pseudo-grippal, il conviendra de rester en alerte vis-à-vis d’une éventuelle infection Covid, d’autres infections devront être évoquées et recherchées. Le message délivré par l’Académie nationale de médecine et l’Académie vétérinaire de France, dans un communiqué rappelle qu’à la belle saison, fièvre, fatigue, céphalées, douleurs musculaires… ne sont pas forcément les symptômes d'une infection liée au coronavirus qui devient de plus en plus rare. Il en existe bien d'autres ! Dans leur communiqué, les Académies insistent surtout sur les infections transmises par les morsures de tique.
Il faut en particulier penser aux infections estivales zoonotiques, comme les encéphalites à tiques, la fièvre Q, la maladie de Lyme, l’anaplasmose granulocytaire, la tularémie, l’hépatite E, la leptospirose. Mais aussi aux entéroviroses, mycoplasmoses et chlamydioses.
Un cluster d'encéphalite à tiques en pleine épidémie Covid
Cette mise en garde est argumentée par la découverte en avril-mai, d’un foyer d’encéphalite à tiques dans l’Ain, dans le bassin d’Oyonnax (ARS Auvergne Rhône-Alpes, Préfecture de l’Ain), concernant 26 personnes. Cet événement a rappelé qu’un syndrome pseudo-grippal ne devait pas être trop rapidement « étiqueté » d’infection Covid, même en période de forte épidémie. Des tests virologiques et sérologiques effectués chez ces patients ont permis d’écarter une infection par Sars-CoV-2. Le diagnostic d’encéphalite à tiques (ou TBE – Tick-borne encephalitis) a été confirmé chez bon nombre de ces patients, dont certains ont été hospitalisés courant mai.
Un virus en essor
La TBE est surtout transmise par une tique du genre Ixodes, mais pour la première fois en France, ce foyer était d'« origine alimentaire (fromage au lait cru de chèvre) », indiquent les Académies qui rappellent que l’évolution de la TBE se fait en deux phases caractéristiques, débutant par un syndrome pseudo-grippal durant 2 à 4 jours, suivi une à deux semaines plus tard d’une seconde phase caractérisée par une méningo-encéphalite chez un tiers des patients. Le virus de l’encéphalite à tique qui appartient à la famille des Flaviviridae, tend d’ailleurs à être de plus en plus présent, en particulier dans les pays frontaliers, en Suisse et en Allemagne. Il est aussi rappelé que les morsures de tique ne sont pas limitées aux sorties en forêt, mais qu’elles sont aussi nombreuses dans les jardins privés et parcs publics.
La conduite à tenir
Aussi dans ce contexte épidémique de Covid-19, en cas de syndrome pseudo-grippal, il est important de ne pas méconnaître les diagnostics différentiels. Les Académies proposent :
« - de recourir systématiquement au diagnostic de laboratoire (RT-PCR complétée d’une sérologie) devant toute suspicion clinique d’une Covid-19 ;
- d’évoquer, en cas de négativité répétée des tests diagnostiques de la Covid-19, une infection zoonotique devant tout syndrome grippal estival, en particulier lorsqu’il s’agit d’un foyer de plusieurs personnes atteintes dans une région riche en tiques ;
- de prévenir les morsures de tiques en appliquant les recommandations habituelles (se couvrir les bras et les jambes, s'inspecter le corps après toute sortie, NDLR) pour les promenades en forêt mais aussi dans les jardins et les parcs publics ».
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