Si le numérique en santé a fait ses preuves pendant le Covid, son développement indispensable est entravé par plusieurs obstacles, dont l’utilisation « insuffisante » des outils par les professionnels de santé.
C'est l'une des conclusions d'un rapport de l'Institut Montaigne pour « augmenter la dose » en e-santé. « Il y a globalement un manque de confiance des professionnels de santé autour des technologies en santé et des objets connectés, lié à une forme de méconnaissance et à des difficultés à s'approprier ces outils », analyse Laure Millet, responsable du programme santé à l'Institut Montaigne.
Pour y remédier, le think tank libéral recommande d’accompagner les professionnels dans l'utilisation des nouvelles technologies (objets connectés, simulation en santé, téléconsultation) par la formation initiale ou continue, encore trop rare. Neuf carabins sur dix n'ont pas de formation à la télémédecine en première année de leur cursus, rappelle l'Institut. « Quelques initiatives existent comme un DU sur l’intelligence artificielle (IA) appliquée en santé à Paris Descartes. Il faudrait peut-être réfléchir une généralisation à l’échelle nationale », reconnaît Laure Millet.
Outre la formation à l'utilisation du numérique, les professionnels de santé doivent être aussi encouragés à recueillir les données pour alimenter le Health data hub – qui doit « gagner en indépendance » – et à les partager via le DMP. Ce recueil de data est indispensable pour une meilleure identification de la population à risques, une meilleure surveillance des maladies transmissibles et une meilleure connaissance des besoins et de l'offre. À cette fin, le rapport préconise d’inscrire cette incitation dans le cadre de la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) ou dans de nouveaux modèles de tarification et de financement.
Incontournable DMP
Autre proposition, et non des moindres : conditionner le remboursement des téléconsultations à l'alimentation du DMP par les médecins. Pour que le DMP ne reste pas « un outil de consultation manuelle sans gain de productivité ou de pertinence », le think tank recommande aussi d'ouvrir plus largement les données à « des tiers » dans le respect du consentement du patient « pour permettre une analyse automatique des données notamment grâce à l'IA ». « Si le DMP est utilisé par l’ensemble des professionnels de santé, on constatera un gain de temps car toutes les données seront centralisées et une meilleure coordination entre les acteurs », assure Laure Millet.
Pour l'Institut Montaigne, l'accélération des pratiques est possible à condition d'assouplir le cadre réglementaire. Outre l'intensification de l'interopérabilité des systèmes de santé, le think tank recommande de conserver au-delà de la pandémie les mesures dérogatoires mises en place pendant la crise pour la téléconsultation. Pour l'instant, une ordonnance publiée le 18 juin a repoussé la prise en charge intégrale des actes de télémédecine jusqu’au 31 décembre 2020.
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