Spécialiste de la e-santé en sa qualité de directeur du développement de l'entreprise d'objets de santé connectés Withings, Alexis Normand tente dans un ouvrage* de rassurer la profession sur la montée en puissance de la e-santé, cette offre numérique hétéroclite qui bouscule les codes du monde médical, souvent redoutée à ce titre.
Entre les applis et les objets connectés, l'auteur s'interroge en particulier sur la « naissance d'un parcours de soins bis », qui peut jeter le trouble. « Internet brise le monopole des professions médicales sur l'information de santé », admet-il en préambule. Pour autant, « le propos de cet ouvrage n'est pas de prédire l'extinction de la médecine, bien au contraire. Il s'agit plutôt de montrer que la conquête de nouveaux espaces par le patient recentre la médecine sur son cœur de métier. »
Toute-puissance
Selon l'auteur, en tout état de cause, la « médecine traditionnelle, non connectée, isolée dans l'intimité d'un cabinet médical, devra apprendre à considérer la circulation de l'information de santé comme la condition d'une meilleure prise en charge et non comme un recul du secret médical et de la toute-puissance du médecin ». Au contraire, la e-santé sera une opportunité pour le praticien de valoriser son expertise médicale. À terme, « il pourra déléguer toujours davantage de tâches aux organisations, aux systèmes informatiques experts, voire aux patients, une fois la maladie correctement identifiée ».
Mais comment convaincre la profession de prendre le train en marche ? Alexis Normand propose un « pacte de responsabilité » clair pour le médecin, lui apportant des garanties sur les implications éthiques, légales et sociales inhérentes à la e-santé. Le législateur devra aussi clarifier la responsabilité nouvelle du médecin sur le traitement des données de e-santé, plaide l'ancien étudiant d'HEC.
*« La révolution de la e-santé », Alexis Normand, 198 pages, mai 2017, eds. Eyrolles, 21 euros.
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