FORTE DE 28 VILLES réunissant 473 000 habitants, la communauté urbaine de Strasbourg (CUS) peaufine un « plan de santé » destiné à coordonner les actions menées localement, à renforcer les coopérations et à réduire les inégalités.
« Les communes de la CUS disposent de nombreuses compétences sanitaires qu’elles pourraient mettre en commun », explique le Dr Alexandre Feltz, médecin généraliste à Strasbourg, conseiller municipal et communautaire chargé de la santé, qui souhaite valoriser des atouts trop peu exploités. « À Strasbourg, la protection maternelle et infantile et la santé scolaire sont des compétences municipales, qui peuvent servir de base à une politique de prévention beaucoup plus large », souligne-t-il.
Si Strasbourg et ses voisines sont des communes plutôt « riches », les inégalités sanitaires et sociales n’y sont pas absentes : à 6 ans, 16 % des enfants de la cité du Neuhof, l’un des quartiers les plus défavorisés de la ville, sont obèses, contre 3 % au Quartier des Quinze, un des secteurs les plus aisés. Les problèmes sociaux et sanitaires, dont le surpoids et les conduites addictives, se concentrent dans certains quartiers de Strasbourg et dans les communes les moins riches qui sont aussi les secteurs où il y a le moins de médecins.
Une aide à la PDS locale.
À la lumière de cet état des lieux, le « plan santé » vise à faire travailler toutes les communes autour d’objectifs partagés, en fonction des besoins. Mais il permettra aussi à la CUS de coopérer plus étroitement avec l’agence régionale de santé (ARS), par exemple pour implanter des structures sanitaires adaptées aux besoins locaux. Après avoir ouvert l’an dernier une maison de santé urbaine au Neuhof, qui réunit dans un même lieu plusieurs médecins et professionnels de santé mais propose aussi une écoute sanitaire sociale aux habitants, la CUS souhaite créer des structures identiques dans d’autres quartiers difficiles, notamment au Port-du-Rhin et à Cronenbourg. Par ailleurs, ce plan contribuera, selon ses promoteurs, à mieux gérer les questions d’urgence et de permanence des soins dans la CUS, en concertation avec les professionnels.
Enfin, il rappellera l’importance d’intégrer les questions de santé dès l’élaboration des programmes d’actions – comme l’habitat, les déplacements urbains, l’environnement ou la sécurité. « Nous sommes la première communauté urbaine de France à mettre en place une politique novatrice en matière de santé, et celle-ci va maintenant se traduire par de nombreuses mesures concrètes », promet le Dr Feltz.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention