DANS LE CADRE du débat national sur la perte d’autonomie et la dépendance, la Mutualité Française organisait récemment une table ronde à Lille. L’occasion pour ses responsables de présenter leurs propositions en matière de prise en charge et de financement du risque dépendance.
Outre le développement de la prévention, afin de préserver le capital santé des seniors, la Mutualité plaide pour un développement des services à la personne. Les besoins sont particulièrement criants en Nord-Pas-de-Calais, où faute de place, 4 500 personnes dépendantes sont actuellement accueillies en Belgique. La région affiche un taux de dépendance nettement plus élevé que la moyenne nationale (9,3 % des plus de 60 ans contre 6,7 % sur la France entière), d’où une demande très forte d’offre médico-sociale. La création d’établissements spécialisés n’a pas suivi, pas plus que les services à la personne pour le maintien à domicile.
En terme de financement, la Mutualité Française réaffirme son attachement à une prise en charge universelle. « Les coûts liés à la dépendance se montent actuellement à 35 milliards d’euros, dont 25 financés par l’État. Cette somme reste tout à fait abordable pour les pouvoirs publics, comparée aux dépenses de santé, sept fois plus élevées, estime Jean-Louis Davet, représentant de la Mutualité au sein des groupes de réflexion consacrés à la dépendance. Ramenée à l’échelle des individus, elle est en revanche dramatique. Le niveau de vie médian des Français étant de 1 600 euros et le coût moyen d’un hébergement de 2 300 euros, le reste à charge après versement de l’Allocation personnalisée à l’autonomie (APA) est beaucoup trop lourd pour les familles. » Pour lui, la dépendance est un vrai risque, qui ne frappe pas tout le monde, tout comme la maladie, et doit donc être pris en charge comme tel. « Pas question de casser le pacte social existant. Il faut au contraire maintenir le système d’universalité, en renforçant l’engagement public, via l’APA, afin de ne pas augmenter la contribution des familles. »
La Mutualité Française se dit favorable à partenariat public-privé mais avec des garanties apportées aux assurés, par le biais d’une labellisation des organismes privés d’assurance qui proposeraient une complémentaire dépendance. Reste le problème du financement par l’État du risque dépendance. D’après les prévisions démographiques, les dépenses liées à l’APA devraient passer de 0,27 % du PIB actuellement à 0,42 % en 2040. Une explosion budgétaire qu’il faudra financer. Nouvelle journée de solidarité ? Mise à contribution des retraités aisés ? Recours aux successions ? Les décisions n’ont pas été tranchées mais elles seront de toutes les façons douloureuses.
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