LE QUOTIDIEN : Pourquoi un livre blanc pour développer l'automatisation du circuit du médicament ?
SÉBASTIEN VILLARS : Il existe très peu de données sur l’apport de la numérisation et de l’automatisation dans le circuit du médicament. L’objectif était de mettre le sujet sur la table, d'éduquer les acteurs. Il y a une fragmentation des solutions, chacun tire dans son coin et aucun système n’inter-opère avec les outils du voisin ! Les professionnels de santé font face à une jungle de solutions où ils n’ont pas envie d’entrer. La balle est en partie dans le camp des pouvoirs publics qui peuvent nous aider à définir un cadre. Mais les industriels doivent avoir l’exigence de dire : « Nos systèmes doivent interopérer entre eux ».
Plusieurs milliers de morts proviendraient chaque année d’erreurs liées aux médicaments…
Oui, on estime que 10 000 à 30 000 décès par an en France sont attribuables à un accident médicamenteux. Selon les études, 47 % à 67 % des patients présentent une erreur ou une divergence entre leurs traitements prescrits en ville et ceux prescrits à l’hôpital, tandis que les erreurs médicamenteuses génèrent 1,5 % des hospitalisations. C’est d’abord lié à la combinaison et à l'interaction des médicaments entre eux, sachant qu’un patient fait en général des allers-retours entre la ville et l’hôpital, ce qui a un impact sur la continuité et la cohérence des prescriptions.
De surcroît, avec l’accélération de l’ambulatoire, les durées de séjour à l’hôpital tendent à se raccourcir. Pus vous augmentez la fréquence des passages du domicile à l’hôpital – et inversement – plus vous empilez les risques de mécompréhension de soins. Quand vous transférez un patient à son domicile avec une ordonnance papier, est-ce qu’il a bien compris ce qu’il devait faire ? Est-ce que son aidant a tout compris ? Au final, la moitié de ces erreurs médicamenteuses pourraient être évitées. La digitalisation et l’automatisation ont un énorme rôle à jouer.
Vous dîtes que les hôpitaux subissent un retard en matière d’automatisation de leur chaîne logistique (préparation des doses, réassort des commandes). Pourquoi ?
À l'hôpital, dans les départements de soins, certains hésitent à remettre en cause leur façon de travailler, même s’ils connaissent les risques encourus dans la préparation et la distribution des médicaments. Ensuite, au sein des groupements hospitaliers de territoire, l'interopérabilité reste un enjeu majeur pour sécuriser le circuit du médicament mais il y a parfois un problème de gouvernance au niveau de la pharmacie. Enfin, quand vous regardez l’espace numérique de santé, vous vous rendez compte que la gouvernance numérique s’applique au dossier du patient, mais pas au circuit du médicament, volontairement mis de côté car identifié comme plus compliqué.
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