La présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale est décidément dans le collimateur de certains médecins. Hier, dimanche, les chirurgiens de l’UCDF (Union des chirurgiens de France) l’ont de nouveau épinglée suite à son audition récente dans le cadre de la mission parlementaire « permanence des soins ». Dans une vidéo publiée en ligne, le syndicat lui reproche sa « hargne contre la médecine libérale ».
La semaine dernière, ses propos ambigus sur les libéraux et la prise en charge des patients modestes avaient déjà suscité le tollé des professionnels qui demandaient sa démission.
Les explications de la députée, publiées par « le Quotidien », ne les ont pas calmés. L’UCDF a déterré une vidéo datant du 12 juin 2014, où Catherine Lemorton sous-entend, selon le syndicat, que les libéraux refusent parfois les soins aux prisonniers.
Mission de service public
« Les régulations libérales - pour la plupart, pas toutes - refusent d’aller dans les centres de détention, de rétention […] » affirme-elle devant la caméra. En conséquence de quoi, les détenus malades doivent être envoyés dans les hôpitaux, « alors que la plupart du temps, poursuit la députée, ce sont des pathologies qui pourraient être prises très simplement en charge par des généralistes de garde ».
Problème, selon l’UCDF : la loi confie cette mission au service public hospitalier et non pas aux libéraux. Les chirurgiens s’appuient sur l’article L711-3 du code de la santé publique (modifié le 18 janvier 1994), reproduit ci-dessous. Bref, accuse l’UCDF, on reprocherait aux praticiens libéraux d’abandonner une mission dont la loi les exclut...
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Dans une chronique publiée sur Mediapart et intitulée « Salauds de généralistes ! », le Dr Marcel Garrigou-Grandchamp, responsable de la cellule juridique de la fédération des médecins de France (FMF) s’en prend lui aussi à Catherine Lemorton qu’il accuse de « charger la barque » alors que les médecins sont « fatigués, usés et méprisés ».
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