LE QUOTIDIEN - La santé n’a jamais été un sujet clivant durant les précédentes campagnes présidentielles. Pourra-t-elle peser dans le débat en 2012 ?
JEAN-FRANCOIS COPÉ - Après l’emploi, la santé et la qualité des soins sont des préoccupations majeures des Français. Ce sera un sujet clivant car ils auront à choisir entre deux visions, celle de l’UMP basée sur la confiance, la responsabilité et l’ambition, ou celle du PS qui propose la contrainte, la gestion administrative et l’assistanat. 2012 sera un rendez-vous de responsabilité. La situation de nos finances publiques exige que nous soyons particulièrement rigoureux. Comme pour l’éducation, le PS cède à la facilité et promet toujours plus d’embauches et de moyens sans dire qui va payer. Je veux le dire aux professionnels de santé : ne vous laissez pas piéger par cette démagogie!
Sur la lutte contre les dépassements d’honoraires et la désertification médicale, l’UMP table avant tout sur le secteur optionnel et des mesures incitatives. Est-ce à la hauteur des enjeux ?
Chaque territoire est différent et chaque professionnel de santé a des aspirations propres. Ma conviction, c’est qu’il faut faire du cousu main pour s’adapter à chaque situation. Les socialistes veulent instaurer une gestion à la « soviétique » des médecins et des étudiants en médecine. Contrairement au PS qui propose de s’attaquer à la liberté d’installation et au paiement à l’acte, je pense qu’il faut faire confiance aux médecins. Les médecins sont de grands professionnels, conscients de leurs responsabilités. Ils méritent notre considération plutôt que des mesures contraignantes d’installation et je préfère de loin qu’on réfléchisse à des incitations qui ne doivent évidemment pas être que pécuniaires. Pour lutter contre les déserts médicaux, à l’UMP, nous proposons ainsi une palette d’outils. Concernant les dépassements d’honoraires, nous nous inscrivons pleinement dans l’accord conclu par les partenaires conventionnels de juillet dernier qui permet également une diversification des modes de rémunération des médecins. Ne laissons pas les questions financières s’opposer à l’accès aux soins.
Pour que l’objectif zéro déficit à l’hôpital devienne réalité, le prochain Président de la République devra-t-il se montrer plus radical, et annoncer des coupes dans les effectifs, qui représentent près de 70% des dépenses hospitalières ?
Je voudrais rappeler, que sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, le déficit des hôpitaux est passé de 475 millions d’euros en 2007 à 180 millions d’euros en 2010. Les marges ne sont pas sur les personnels hospitaliers, dont les conditions de travail ont été considérablement dégradées par la mise en place des 35 heures par Martine Aubry, mais sur l’organisation même de l’hôpital, et sur la promotion du juste soin. Les établissements de santé ont déjà fait des efforts remarquables pour moderniser leur gestion, optimiser leur patrimoine immobilier et améliorer leur performance. Nous devons désormais progresser sur l’organisation des soins pour éviter les gaspillages de biens médicaux, les examens redondants ou inutiles. Il y a là un gisement d’économies considérable. Et c’est avec tous les personnels de santé que nous pourrons parvenir à maintenir la qualité de notre système de soins.
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