Effet d'annonce impossible à concrétiser ? L'annonce d'Olivier Véran, le 14 janvier dernier, d'un protocole visant à dépister « jusqu'à un million d'enfants et d'enseignants par mois », laisse en tout cas dubitatifs les personnels de santé scolaire – médecins et infirmiers, qui estiment ne pas être en capacité de réaliser un tel volume de tests antigéniques.
« Ce protocole, pour lequel nous n'avons pas été consultés et qui n'est pas encore paru, nous paraît très difficile à appliquer, surtout dans les départements où il y a peu de médecins scolaires. Même les infirmières, plus nombreuses, sont extrêmement occupées dans les établissements à gérer les élèves, notamment ceux qui vont mal. Enfin, quid du tracing une fois que le test est réalisé ? », avance au « Quotidien » le Dr Marianne Barré, secrétaire générale adjointe du Syndicat national des médecins scolaires et universitaires (SNMSU-UNSA).
« Irréalisable »
Les effectifs médicaux de l'Éducation nationale sont de « 850 médecins pour 12,5 millions d’élèves », souligne le SNMSU, rappelant que les professionnels sont « submergés et épuisés par la gestion de la crise sanitaire en milieu scolaire ». Autre syndicat représentatif, le SNAMSPEN/Sgen-CFDT regrettait déjà en novembre dernier une mission supplémentaire « irréalisable » au regard du nombre limité de praticiens.
Du côté des infirmières, les inquiétudes sont partagées. « Nous sommes 7 700 pour 72 000 établissements. Pendant que nous serons en train de dépister massivement, nous ne serons pas auprès de nos jeunes qui vivent des situations très compliquées », a indiqué le Syndicat national des infirmiers conseillers de santé (SNICS-FSU) sur RMC.
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