En déplacement santé à Rennes

Hollande veut « redonner confiance » aux professionnels

Publié le 29/09/2011
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Crédit photo : S Toubon

N’OUBLIER AUCUN MOT-CLÉ, sans être trop précis sur les solutions envisagées pour remédier aux maux (nombreux) que connaît le système de santé... Lien ville/hôpital, pression du personnel, tarification à l’activité, santé publique, liberté d’installation... En quelques minutes, devant un parterre de médecins hospitaliers et libéraux, François Hollande a survolé les problématiques actuelles. Mais le favori de la primaire socialiste s’est gardé de donner par le menu les propositions qu’il entendrait mettre en œuvre le jour où il deviendrait président de la République. Le moment n’est pas venu d’entrer dans les détails. Le temps est encore à « l’écoute ». Et le tableau brossé par les participants était assez noir pour ne pas trop en rajouter.

La T2A ? « Elle a permis de réaliser des progrès en terme de gestion, mais il existe désormais tout un pan d’activité qui n’est pas favorisé : santé publique, éducation du patient... », a expliqué le responsable des urgences pédiatriques de l’Hôpital Sud au candidat socialiste. Pour Jean-François Pinel, vice-président de la CME, invité à prendre la parole, « une augmentation de 12 % par an des passages aux urgences pédiatriques est sûrement bonne pour la T2A, mais une hausse de l’activité sans personnel supplémentaire fait que le système est biaisé. Et puis 10 % d’enfants malades en plus, est-ce satisfaisant ? »

Face à ces remarques, François Hollande souligne que « la T2A a eu son mérite mais impose à l’hôpital un système qui n’est pas le sien, tout en supportant des contraintes qui ne concernent pas le secteur privé ».

« On voit bien que derrière la T2A, l’objectif est le rapprochement entre public et privé, a estimé le président du conseil général de Corrèze. Avant de conclure : les différentes missions de l’hôpital doivent être valorisées, y compris la recherche. »

Mieux vaut inciter.

Pour les réformateurs de tout poil, il faudra prendre son mal en patience. François Hollande ne paraît pas convaincu qu’une nouvelle grande réforme du système de santé soit nécessaire. Face à la « saturation » que ressentiraient les professionnels devant les multiples réformes annoncées mais inabouties, l’ancien premier secrétaire du PS entend plutôt jouer la carte de la « souplesse ». « Légiférer n’est pas le plus important », a-t-il insisté, rompant avec l’image que le socialiste pense encore avoir au sein de l’électorat médical.

Pour ceux des médecins qui auraient un doute, le PS et François Hollande en particulier, a changé et s’est modernisé, fait-on comprendre. La preuve sur la médecine de ville et la gestion de la démographie :

« faut-il interdire aux médecins de s’installer ? Je ne crois pas. Mieux vaut inciter plutôt que recourir aux solutions administratives ». Les avocats de la contrainte (il en reste au PS) en seront pour leurs frais.

Au rang des pistes avancées pour installer des médecins dans les zones dépourvues figurent ainsi le soutien et le financement par les collectivités locales et l’État des maisons de santé et des réseaux de santé. « Avant, on achetait une clientèle, maintenant il va falloir acheter l’installation », a expliqué François Hollande.

DE NOTRE CORRESPONDANT OLIVIER QUARANTE

Source : Le Quotidien du Médecin: 9014