À QUOI ressemblera demain notre système de santé ? À l’initiative de « Rencontres parlementaires » sur ce sujet, à Paris, le député UMP Jean-Pierre Door a souligné les contraintes : l’évolution « exponentielle » des dépenses de santé, sous l’effet du progrès médical et des pathologies chroniques, « le cloisonnement » des acteurs mais aussi les nombreux « corporatismes ». Sur ces bases, quelles sont les priorités, les tendances lourdes ? Des élus, experts ou industriels ont apporté leur petite touche...
Changer de braquet sur la prévention.
Le système français est jugé trop curatif (organisation et financement). Mettre l’accent sur la prévention semble une priorité largement partagée. Claude Evin, directeur général de l’ARS d’Ile-de-France, juge qu’il est prioritaire d’y réserver des ressources importantes et fléchées. « Tant que les financements seront axés sur les prestations de soins, on ne pourra pas faire de prévention », prévient-il. Dans la même veine, Denis Ferrand, directeur général de Coe-Rexecode fait valoir que la prévention, tout comme la recherche médicale, « sont les postes qui augmentent le moins dans les dépenses de santé ». Cyril Titeux, président du laboratoire Janssen, se montre sévère : « avons-nous une politique de prévention en France ? » La loi de santé annoncée en 2014 comportera un axe fort sur la prévention, a promis Marisol Touraine.
Dans un contexte de finances publiques exsangues, la nécessité émerge de poser explicitement le débat sur le panier soins (ce qui relève du régime obligatoire, des organismes complémentaires et de l’effort individuel). Jean-Marie Le Guen, député socialiste de Paris, milite pour l’ouverture d’« un grand chantier de réflexion » sur cette révision des frontières. Car il décèle dans le système de santé actuel « des dysfonctionnements potentiels qui pourraient l’amener dans quelques années dans l’état où se trouve notre système éducatif », mal noté dans les comparaisons internationales.
Contribution.
Le vieillissement, la prise en charge optimale des pathologies chroniques, et donc la nécessité d’élaborer des parcours de santé complets mieux organisés sont des données reconnues comme centrales. Pour Arnaud Robinet, député UMP de la Marne, « la question n’est pas de savoir quel système de santé nous aurons demain, mais de répondre aux défis du vieillissement ». Or, regrette-t-il, on a artificiellement « saucissonné » les questions du financement de la retraite, de la dépendance et de la santé, qui mériteraient un traitement unifié.
Comment financer la recherche médicale ? C’est un autre défi pour demain. Christian Lajoux, président de Sanofi-France, prévient que le niveau des prélèvements sur les laboratoires risque de devenir insupportable, pénalisant la recherche et l’innovation. Le président de Janssen avance ici une proposition iconoclaste, consistant à appliquer « la règle du pollueur-payeur...au lieu de taxer les labos ». L’idée serait de mettre à contribution les industriels dont les produits sont par exemple trop sucrés, trop salés, ou trop gras, et qui participent à ce titre aux « épidémies » du diabète, de l’hypertension et des maladies cardio-vasculaires.
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