ÉTIENNE CANIARD, président de la Mutualité française, pose un diagnostic sévère sur le système de soins actuel. La pérennité du financement de la Sécurité sociale, et notamment de l’assurance-maladie, n’est plus assurée. Les inégalités se creusent dans l’accès à la santé. Le doublement de la taxe (de 3,5 % à 7 %) sur les contrats de santé responsables, qui se traduira par une augmentation des cotisations de 4 % « au maximum », selon Étienne Caniard, mais aussi les dépassements d’honoraires, qui ont progressé de 5,5 % par an de 1990 à 2006, accélèrent le processus de renoncement aux soins, diagnostique la Mutualité.
Elle propose plusieurs axes pour « remettre d’aplomb » le système de santé, à commencer par la réforme du financement de l’assurance-maladie. Un sujet qui concerne au premier chef les complémentaires, précise Étienne Caniard, car même si le taux global de remboursement du régime obligatoire est stable, la Sécu se désengage des soins courants et de secteurs entiers comme l’optique ou le dentaire. « Les complémentaires ne se contentent plus d’améliorer à la marge le remboursement des soins », insiste le président de la Mutualité. Il appelle à sortir de la spirale de l’endettement (134,6 milliards d’euros), en accélérant le remboursement par la CADES. Il suggère de « redonner à la contribution sociale généralisée (CSG) ses ambitions d’origine », en introduisant la proportionnalité des revenus, et de diversifier les modes de financement de la protection sociale. « Il est nécessaire de faire peser l’effort plus équitablement, de réduire les niches et de trouver de nouvelles ressources » souligne Étienne Caniard.
Égalité de fait.
Plusieurs pistes sont avancées pour améliorer l’efficience du système de santé comme la réorganisation de l’offre de soins de premier recours, une rationalisation de la prescription des produits de santé et des actions fortes en faveur de la prévention (notamment sur le dossier de la dépendance).
Mais surtout, la Mutualité revendique le droit à une complémentaire santé pour tous. « C’est la seule façon de répondre aux attentes des Français en matière d’accès aux soins et de passer d’une égalité de droit à une égalité de fait », poursuit le patron de la FNMF, ajoutant qu’il faut réfléchir à un cadre de régulation pour organiser la concurrence entre complémentaires. « Nous souhaitons refonder la protection sociale, en posant des questions inédites, mais nous sommes ouverts au dialogue ».
En route pour 2012, soucieuse d’installer la santé dans le débat présidentiel, la Mutualité rencontrera les Français et les professionnels de santé dans les prochains mois.
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