La psychiatrie publique demande à Touraine de préserver sa spécificité avec les GHT

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Publié le 21/07/2015

Une dizaine d’instances représentatives de la psychiatrie publique et de ses usagers* rendent publique une lettre commune demandant à la ministre de la Santé Marisol Touraine de lever les confusions qui entourent la mise en œuvre des groupements hospitaliers de territoire (GHT) dans leur discipline.

« Ces derniers temps, on a senti des malentendus, des interprétations opposées, allant de "pas de GHT pour la psychiatrie" à "que des GHT pour la psychiatrie" », explique au « Quotidien » le Dr Christian Müller, président de la conférence nationale des présidents de CME de centres hospitaliers spécialisés (CHS).

Le projet de loi de santé prévoit dans son article 27 que les établissements publics autorisés en psychiatrie peuvent être associés à l’élaboration du projet médical partagé de GHT, dont ils ne font pas partie, dans le cadre des communautés psychiatriques de territoire. Dès son discours du 24 septembre 2014 à l’hôpital parisien de Sainte-Anne, Marisol Touraine avait indiqué que l’appartenance d’un établissement de santé à un seul GHT ne s’appliquerait pas aux structures de santé mentale.

Souplesse et territoire

Les syndicats veulent s’assurer de la possibilité, « en fonction des situations territoriales, soit de groupements hospitaliers de psychiatrie et de santé mentale, soit de groupements hospitaliers de territoire polyvalents sous réserve de disposer d’un budget identifié pour la psychiatrie », lit-on dans la lettre.

« Il faut faire confiance aux acteurs de terrain pour porter ces GHT qui peuvent être un réel facteur de progrès pour la psychiatrie », assure le Dr Müller. « Beaucoup de modèles de partenariats existent déjà : il ne faut pas que les GHT portent atteinte aux dispositifs locaux, comme les communautés hospitalières de territoires ou les groupements de coopération sanitaire », poursuit-il.

Le président de la conférence des présidents de CME/CHS souligne enfin le quasi-consensus autour de l’article 13 de la loi de santé, totalement consacré à la psychiatrie. « C’est une reconnaissance de l’antériorité de la psychiatrie dans la territorialisation et le décloisonnement. »

* Collège national des universitaires de psychiatrie, comité d’études des formations infirmières et des pratiques en psychiatrie, conférence nationale des présidents de commissions médicales d’établissement de centres hospitaliers spécialisés, fédération nationale des associations d’usagers en psychiatrie, intersyndicale de défense de la psychiatrie publique, syndicat des psychiatres d’exercice public, syndicat des psychiatres des hôpitaux, syndicat universitaire de psychiatrie, union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques.

Source : lequotidiendumedecin.fr