L’UFC-QUE CHOISIR s’inquiète d’un risque de démutualisation des seniors, qui consacrent à leur complémentaire santé un budget 2,5 fois plus élevé que celui de la population générale. Déséquilibre qui risque de s’aggraver encore dans les années à venir, selon l’association de consommateurs.
« La part des dépenses de santé prise en charge par l’assurance-maladie atteint en 2010 son niveau le plus bas depuis 1973, occasionnant un impressionnant transfert de charges vers les usagers ou leurs complémentaires santé (2,3 milliards d’euros) », indique l’UFC-Que Choisir. En 2010, les ménages ont dépensé 41,9 milliards d’euros pour se soigner (6,7 milliards de plus qu’en 2006) : 60 % pour les cotisations de mutuelles, 40 % pour les paiements directs (forfaits, dépassements d’honoraires, etc.), selon l’association. « Je ne peux laisser dire au ministre de la Santé qu’il y a une baisse du reste à charge [de 9,4 % en 2010 contre 9,6 % en 2009] », attaque Alain Bazot, président de l’association. « C’est une présentation extrêmement sournoise car il omet le coût des cotisations des complémentaires santé », poursuit-il.
L’UFC-Que Choisir met en avant la situation des seniors, exposés à des soins plus fréquents et dont les tarifs des complémentaires augmentent avec l’âge. Une fois à la retraite, l’assuré ne peut souscrire qu’une assurance individuelle, à laquelle l’ancien employeur ne participe pas (contrairement aux contrats collectifs).Selon une analyse menée par l’association à partir de 335 contrats de seniors, la cotisation moyenne par personne couverte atteint 94 euros par mois. En 2011, les 60 ans et plus ont subi une hausse de leurs cotisations de complémentaire de 11,8 % à garanties égales. Même sans nouveau transfert de remboursement de la Sécu vers les complémentaires, le taux d’effort des seniors pour acquérir une complémentaire serait de 8,9 % d’ici à 2020, et ils pourraient débourser jusqu’à 189 euros par mois.
Or pour pouvoir absorber la hausse des complémentaires, les usagers opèrent une « descente en gamme » et réduisent leurs garanties, souligne Mathieu Escot, chargé de mission à l’UFC-Que Choisir. Face à cette situation – une « braderie », réalisée « sans aucune logique sanitaire », dénonce-t-elle – l’association prône une revalorisation de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) pour les plus de 50 ans. Ceci afin que soit « préservé le périmètre d’intervention de l’assurance-maladie ».
Au passage, l’UFC relève que les hausses des taxes appliquées aux complémentaires sont systématiquement répercutées sur les consommateurs – en 2009, ils ont ainsi payé 7 milliards d’euros de frais et entre 2005 et 2009, les cotisations ont augmenté 56 % plus rapidement que les prestations versées.
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