CE N’EST NI UNE FUSION, ni une absorption mais... un mastodonte de la complémentaire santé qui vient de naître. Cinq mutuelles issues de la fonction publique - la MGEN, la MNH (hospitaliers et monde de la santé), la MNT (territoriale), la MGET (Environnement et Territoires) et la MAEE (Affaires Étrangères et Européennes) - ont constitué le groupe Istya qui affiche un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros (dont 2,7 en santé) et protège 6 millions de personnes, soit 10 % des Français. Cette Union mutualiste de groupe (UMG) est présidée par Thierry Beaudet, patron de la MGEN, pas peu fier de cette création. « Nous sommes le premier groupe mutualiste français de protection sociale complémentaire », affirme-t-il.
Les objectifs de cette union sont multiples. Officiellement, ce n’est pas une course à la taille, même si la dimension est utile dans ce monde concurrentiel. En revanche, l’UMG organise un « mécanisme de solidarité financière » entre les cinq mutuelles permettant de soutenir rapidement un organisme défaillant (un fonds de 50 millions d’euros est déjà constitué). Les mutuelles concernées revendiquent surtout les mêmes valeurs : le modèle solidaire, la culture du service public… « Nous sommes des militants de la Sécurité Sociale, avance Thierry Beaudet. On ne fera pas notre bonheur et notre développement sur le désengagement du régime obligatoire ».
Reste à charge zéro ou limité.
La naissance du groupe Istya intervient dans un contexte particulier. De plus en plus de voix s’élèvent, y compris au sein du monde mutualiste, pour stigmatiser les dépassements d’honoraires en ville et à l’hôpital et les difficultés d’accès aux soins. L’idée de contractualiser directement avec des professionnels de santé, des établissements et des services, afin de garantir des tarifs opposables ou maîtrisés, fait son chemin dans le monde mutualiste. Qui plus est, un article additionnel à la loi Fourcade (en cours d’examen par les députés) doit autoriser les mutuelles à mieux rembourser les adhérents qui se font soigner dans le cadre de réseaux « conventionnés » (Quotidien du 10 mai). Thierry Beaudet ne cache pas l’ambition du groupe Istya. « Avec six millions de personnes protégées, nous serons à même de discuter avec les professionnels de santé. La création de conventionnements est un outil majeur pour obtenir des restes à charge zéro ou très encadrés. Nous voulons être acteur de la régulation du système de santé ».
Le groupe entend « conforter » les réseaux qui existent dans les secteurs optique, dentaire et hospitalier mais ne s’interdit aucun domaine de contractualisation. « La question des déserts médicaux préoccupe tous nos adhérents. Nous devrons nous poser la question de la médecine générale », précise Thierry Beaudet.Ce géant de la complémentaire entend contribuer au développement d’un système « d’assurance santé » qui suppose de développer des actions de prévention, de dépistage, d’éducation thérapeutique et d’accompagnement des personnnes en ALD.
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