Secteur privé non lucratif

Nouveau SOS des métiers du soin et de l'accompagnement

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Publié le 07/10/2022
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Employant 1,2 million de professionnels dans les champs sanitaires, sociaux et médico-sociaux, les fédérations du secteur privé non lucratif dénoncent le manque chronique de moyens et la dégradation rapide de l'attractivité des métiers du soin et de l'accompagnement.
Les métiers de l'humain traversent une « crise profonde », alertent plusieurs fédérations

Les métiers de l'humain traversent une « crise profonde », alertent plusieurs fédérations
Crédit photo : PHANIE

« 50 000 postes sont déjà vacants. Si on n'y prend garde, c'est 150 000 dans les prochaines années ! », alerte aujourd'hui Éric Chenut, président de la Mutualité française. Avec sept autres fédérations* représentant des professionnels du privé non lucratif – travaillant en établissements sanitaires, hôpitaux, soins de suite, crèches, psychiatrie, services d’hospitalisation à domicile, dans des structures de protection de l’enfance, pour personnes âgées, en situation de handicap ou de précarité – la Mutualité pointe la dégradation des conditions de travail et la perte d'attractivité des métiers du soin et de l'accompagnement. 

Une journée nationale de mobilisation a été organisée la semaine dernière, le 28 septembre, pour rappeler que la pénurie chronique de personnels a déjà des conséquences lourdes pour les patients et les personnes accompagnées. Dans le secteur sanitaire, on constate des fermetures de blocs opératoires de « 15 % à 20 % » selon les régions, illustre Marie-Sophie Desaulle, présidente d'Axess (Fehap-Nexem), confédération d'employeurs du secteur sanitaire, social et médico-social à but non lucratif. Même constat sombre du côté des services de soins infirmiers à domicile, avec des prestations « qui ne se font pas ou de façon dégradée ».

Équité

Les employeurs du privé non lucratif souhaitent un « traitement équitable » avec le secteur public, principalement sur le plan salarial (application de l'ensemble des mesures du Ségur à tous les métiers, tarification des activités) ainsi que la « compensation de la perte du pouvoir d'achat due à l'inflation pour les salariés ». « Les salaires des professionnels du secteur sont 15 % inférieurs au secteur public », évalue Marie-Sophie Desaulle. Le niveau des rémunérations « ne correspond en rien à l’utilité sociale de leurs métiers », plaident les huit fédérations.  

Pour ces organisations, les moyens octroyés par le prochain budget de la Sécurité sociale (PLFSS 2023) ne sont pas à la hauteur pour compenser une inflation de 5 à 6 %. « Nous risquons d'être dans une logique budgétaire compliquée », estime l'ancienne DG de l'ARS Pays de la Loire.

Alors que vient de s'ouvrir la concertation santé dans le cadre du Conseil national de refondation (CNR), les fédérations réclament la tenue d'assises régionales avec l'État, les départements et les autres acteurs. L'objectif serait d'obtenir un « plan ambitieux » pour la santé, le social, le médico-social, l’autonomie et le handicap, abordant le financement, la structuration et la gouvernance de l'offre, la formation des personnels.

* Fehap, Fédération des acteurs de la solidarité, CNAPE, Nexem, Unapei, Uniopss et Unicancer)

L. T.

Source : Le Quotidien du médecin