Toute fraiche mesurée, la cote de Marisol Touraine parmi les médecins libéraux chute encore de quatre points par rapport à ce que « le Quotidien » mesurait avec l’Ifop il y a deux mois seulement : un quart des médecins accorde désormais sa confiance à l’actuelle ministre de la Santé. 74 % ne lui font pas confiance et 1 % seulement, c’est très peu, n’ont pas d’avis.
Ceci, honneur aux sortants, n’empêche pas le nom de Marisol Touraine de sortir en... deuxième position quand il s’agit, pour les praticiens, de lui choisir un successeur dans l’hypothèse d’un prochain remaniement. À ce petit jeu de politique fiction, les indécis sont légion. Les médecins se désintéressent-ils de la question... ? Sont-ils désabusés... ? Peu séduits par les personnalités que nous leur avons suggérées... ? Toujours est-il que 30 % ne savent pas qui ils aimeraient voir s’installer au ministère de la Santé...
Course en tête
Ils sont toutefois presqu’autant (28 %) à plébisciter pour ce siège l’actuel directeur de l’agence régionale de l’hospitalisation d’Ile-de-France, Claude Evin. L’ancien ministre de Michel Rocard (entre 1988 et 1991) fait du coup la course en tête. Il rallie deux fois plus de suffrages que Marisol Touraine (14 % des médecins la verraient bien rempiler), laquelle devance d’un petit point seulement Jean-Marie Le Guen, député de Paris (que 13 % des médecins interrogés souhaiteraient voir s’installer au poste de ministre des Affaires sociales et de la Santé). Suivent, dans le peloton : les Drs Michèle Delaunay, actuelle ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie, et, au coude à coude, Valérie Fourneyron, ministre des Sports, et Aquilino Morelle, conseiller politique de François Hollande.
Homo novus ?
Aux manettes de la Santé (et de la protection sociale) il y a maintenant un quart de siècle, Claude Evin, 65 ans aux cerises, n’est pas à proprement parler un homme nouveau. La loi Evin a 23 ans ; son auteur a pris les rênes de la Fédération hospitalière de France (FHF) il y a dix ans ; il pilote la plus grosse ARS du pays depuis cinq ans. Pourquoi plaît-il ainsi aux médecins (et dans le détail, davantage aux hommes qu’aux femmes, aux moins jeunes qu’aux jeunes, aux spécialistes qu’aux généralistes...) ? En ces temps difficiles pour la majorité, peut-être qu’il engrange paradoxalement les fruits de sa nomination par... le gouvernement Fillon. À l’époque, on l’avait taxé de « transfuge » mais aujourd’hui, cela rassure. Chez les médecins, les sympathisants de droite sont d’ailleurs 34 % à le choisir...
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