La ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé mardi 12 janvier son plan d'action « pour une rénovation de la politique vaccinale en France ». Malgré une situation globalement satisfaisante, rappelle la ministre, « un mouvement de défiance vis-à-vis de la vaccination s'est développé dans notre pays », en particulier pour les vaccins contre la grippe et le HPV.
S'appuyant sur les 20 recommandations du rapport de Sandrine Hurel, ancienne députée, la ministre a présenté les 4 axes choisis pour « renforcer la confiance ». Parmi eux, le lancement d'une grande concertation citoyenne dès mars prochain a pour objectif, entre autres, de faire avancer la question de la distinction entre vaccins recommandés et obligatoires. C'est l'objet de la recommandation n° 1 du rapport Hurel : « (cette) distinction (...) n'apparaît pas pertinente et rend la politique vaccinale difficilement lisible. Le statu quo n'est pas possible dans ce domaine ».
La ministre a voulu que cette problématique, qui est au cœur du débat français, reste ouverte. « Au débat de s'en saisir et d'identifier le meilleur moyen d'avancer », a expliqué la ministre. Le rapport indique en effet qu'il serait malvenu de trancher en l'état compte tenu du contexte actuel national : « La levée immédiate de l'obligation vaccinale n'est pas souhaitable », car cela « pourrait être compris comme un recul sur l'intérêt de la vaccination ». Cette grande concertation sera menée par un comité d'orientation indépendant par le Pr Alain Fischer, professeur immunologie pédiatrique.
Un site Internet dédié aux vaccins
Dans l'immédiat, la ministre veut assurer une meilleure information auprès des professionnels de santé et des usagers. Dès avril prochain, un site Internet sera mis en place par la future Agence nationale de santé publique (ANSP). Ce site aura pour vocation de centraliser les informations, de les actualiser et de répondre aux interrogations. Un bulletin trimestriel sera envoyé aux professionnels de santé par la Direction générale de la santé. La ministre a annoncé la création d'un comité des parties prenantes, qui réunira professionnels de santé, usagers et institutionnels, pour mieux anticiper les situations de crise.
Les industriels pris à partie pour l'approvisionnement
Autre axe, la ministre veut assurer un meilleur approvisionnement car « la situation est préoccupante s'agissant (...) de certains vaccins essentiels ». L'importation de vaccins sera facilitée en révisant les normes concernant le conditionnement. Et surtout, la ministre appelle les industriels à « assumer leurs responsabilités », notamment en respectant les futurs plans de gestion de pénuries. Ces derniers rendront obligatoires la constitution de stocks, la mise en place de chaînes alternatives de fabrication de vaccins et différentes sources d'approvisionnement en matières premières. La ministre entend réunir de nouveau les laboratoires avec le comité de vaccination du LEEM avant la fin du mois de janvier pour qu'ils lui remettent leurs propositions.
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