LE QUOTIDIEN - Au sein de votre think tank « le labo des idées », vous présentez des propositions en matière de santé. Quel est votre objectif ?
VALERIE PECRESSE - Nous voulons être des lanceurs d’idées. Si le gouvernement auquel j’ai appartenu n’a pas réussi à faire aboutir toutes les réformes, c’est que certaines n’ont pas bénéficié de la pédagogie nécessaire. Les idées infusent lentement.
À quelles idées pensez-vous ?
Je pense à la fin du monopole des mutuelles étudiantes, à l’augmentation du numerus clausus en échange de l’engagement à s’installer dans les déserts médicaux ou au renforcement du pilotage régional de la santé. Nous n’avons pas pu les mettre en œuvre entre 2007 et 2012 alors que nous savions ces mesures nécessaires.
Roselyne Bachelot a-t-elle manqué sa cible ?
Non, mais il faut aller au bout de cette logique. C’est pourquoi nous proposons que le conseil de surveillance de l’agence régionale de santé soit présidé par le président du conseil régional. Nous souhaitons aussi expérimenter des "villages santé", un lieu où se trouverait réunie toute l’offre de santé. Ca donnerait de la lisibilité à l’offre de soins, ça désengorgerait les urgences. Je souhaite aussi qu’on autorise les hôpitaux publics à passer sous statut d’établissement privé d’intérêt collectif. Ça permettrait d’intéresser les personnels et donnerait plus de souplesse dans la réorganisation des tâches et des services.
Et pour les libéraux ?
Il faudrait pouvoir leur proposer beaucoup plus facilement le salariat au sein des sociétés interprofessionnelles de soins ambulatoires (SISA). Ca rendrait ces structures beaucoup plus attractives. Il y a un tel contraste entre les obligations d’un libéral et les droits d’un salarié que ce décalage se ressent sans les vocations.
Quel regard portez-vous sur la politique de Marisol Touraine ?
Il y a les mots, il manque les actes. Dans sa stratégie nationale de santé, beaucoup de choses me parlent. Mais il y a une certaine forme d’immobilisme, faute de moyens. Pour dégager ces moyens, il faut ne plus avoir de tabous idéologiques, comme sur la question des statuts hospitaliers. Il faut se situer au plus près des besoins du malade.
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