Née conceptuellement à l’été 2009, l’étude CKD-REIN (Chronic Kidney Disease - Renal Epidemiology and Information Network) a pu être concrétisée en 2010, d’abord grâce à des financements d’abord dans le cadre d’un projet hospitalier de recherche clinique, puis dès l’année suivante dans celui des projets Investissements d’avenir. « CKD-REIN a été le premier projet retenu lors de l’appel d’offres », se félicite le Pr Christian Combe (Bordeaux), avant de préciser ses ambitieux objectifs : décrire les pratiques et leur impact sur le devenir des patients.
Cela passe par notamment la collecte de très nombreuses données cliniques, mais aussi d’échantillons d’urine, de plasma, de sérum, d’ADN… afin de constituer une biothèque. CKD-REIN s’inscrit plus largement dans l’étude internationale CKDopps (Chronic Kidney Disease Outcomes and Practice Patterns Study), qui va inclure au total 12 000 patients, en Allemagne, au Brésil, au Japon, aux États-Unis et bien sûr en France. Cela va permettre de comparer les pratiques, très variables d’un pays à l’autre, avec par exemple un moindre recours aux inhibiteurs du système rénine-angiotensine aux États-Unis.
De multiples données collectées
« Ce projet réunit toutes les formes d’exercice de la néphrologie, avec des centres participants académiques, non académiques publics et privés, souligne le Pr Combe. Il est désormais opérationnel, les 3 000 patients prévus ont été inclus dans 40 centres néphrologiques français grâce à l’investissement de toutes les équipes. Les quelques difficultés organisationnelles initiales, notamment dans l’acheminement des échantillons vers la biothèque de Picardie, sont réglées. On peut à cet égard remercier l’Établissement français du sang pour l’aide apportée. »
La moitié des patients a déjà été suivie plus de deux ans. Les données collectées, dont la richesse a été soulignée par le comité scientifique international, ont donné lieu à plusieurs publications. Elles confirment qu’il s’agit de patients très fragiles : un sur quatre est hospitalisé au moins une fois par an, 10 % ont débuté une dialyse, et beaucoup ont eu des épisodes d’insuffisance rénale aiguë.
Les projets d’études sont très nombreux, sur les aspects médicaux de la maladie rénale chronique et les pathologies associées (diabète, maladies cardiovasculaires, ...), la nutrition, la qualité de vie et l'insertion sociale ou encore la santé de la femme avec un questionnaire spécifique, mais aussi sur le plan économique.
« Il s’agit d’un projet de longue haleine, qui bénéficie de financements publics et privés. La collecte des données, en particulier dans le domaine de la qualité de vie, est très chronophage et demande beaucoup de temps d’attachés de recherche clinique », précise le Pr Combe.
Cette étude ambitieuse d’une durée prévue de cinq ans permettra sans nul doute de faire un bond en matière de connaissances sur la maladie rénale chronique.
Entretien avec le Pr Christian Combe, CHU de Bordeaux
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