LOS ANGELES, Tokyo, New York, Delhi, Shanghai, des millions de personnes sont aujourd’hui exposées au risque sismique dans des villes situées le long d’une faille. Une équipe de chercheurs américains ont, dans une étude publiée d’abord en ligne dans « The Lancet », recensé les principaux effets sur la santé de ces catastrophes naturelles. « Rien que dans la dernière décennie, on compte 780 000 décès dans les suites d’un séisme, soit 60 % des victimes de catastrophes », expliquent Susan A. Bartels et col. Un tel événement peut toucher de 1 à 8 % de la population exposée. Les enfants sont la population la plus vulnérable de même que les plus âgés. En 2011, à Haïti, 53 % des victimes avaient moins de 20 ans et 25 % moins de 5 ans.
Trois pics de mortalité.
La plupart des décès surviennent immédiatement pendant le tremblement de terre. Toutefois, soulignent les auteurs, deux autres pics de mortalité peuvent être observés, le premier quelques heures après un séisme, du fait de graves atteintes du foie ou du pancréas, de fractures du bassin ou d’hématomes sous-duraux, le deuxième dans les jours voire les semaines qui suivent en raison des surinfections et des défaillances polyviscérales. La destruction des services médicaux expose également les patients atteints de pathologies chroniques (diabète) à un risque élevé de décès.
Les syndromes d’écrasement (crush syndrome) et leurs conséquences (insuffisance rénale aiguë, amputation) sont fréquents (2 à 15 %) de la population. Le taux de mortalité en cas d’insuffisance rénale lors des tremblements de terre varie de 14 à 48 %. Ce type de patients est également à risque de complications infectieuses et de coagulation intravasculaire disséminée.
Les traumatismes crâniens et du rachis constituent une part importante de la mortalité au cours d’un séisme. Mais des troubles cardiaques ont parfois été rapportés. Le taux d’infarctus du myocarde a augmenté de 35 % dans les semaines qui ont suivi le tremblement de terre de Northridge (Californie) en 1994, ce qui n’a pas été le cas à Loma Pietra (Californie) en 1989. La Chine, en 2008, a observé une multiplication par 6 ou 9 de la fréquence des arythmies, tandis que le Japon notait une prévalence une élévation de la pression systolique et diastolique chez les personnes âgées lors du séisme de 1995.
Les troubles mentaux – dépression et syndrome post-traumatique – sont également plus fréquents (de 6 à 72 % de la population exposée). « En Turquie, après le tremblement de terre de 1999, 17 % de la population rapportaient la présence de pensées suicidaires », rappellent les auteurs.
En revanche, le risque épidémique est largement surestimé. « La seule situation dans laquelle une infection a pu se propager par le biais de cadavres est l’épidémie de choléra », insistent les auteurs.
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