Comment les Français ont-ils vécu les confinements successifs liés au Covid ? Les modifications du mode de vie ont grandement varié selon le niveau socio-éducatif et l'état psychique des sujets, ont révélé plusieurs travaux sur le sujet.
L'étude NutriNet-Santé (1) menée entre avril et mai 2020, auprès de plus de 37 000 Français, met en lumière que les habitudes de vie se sont dégradées pour plus d'un tiers (37 %), qu'elles sont restées stables chez près de la moitié (43 %) mais aussi qu'elles se sont améliorées pour près de 20 % d'entre eux. Durant le premier confinement, un quart de la population a ingéré plus de calories, mais un tiers des Français en a consommé moins. « Contrairement aux idées reçues, tous les Français n'ont pas grossi lors des confinements », indique le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service de nutrition et activité physique de l’institut Pasteur de Lille.
« Sans surprise, les personnes qui ont vu leur mode de vie se détériorer (alimentation, activité physique, stress, sommeil…) sont avant tout les jeunes, mais aussi les parents, contraints de télétravailler tout en gardant leurs enfants, souligne-t-il. Chez les personnes âgées, retraitées ou n'ayant pas vécu de changement dans leur travail, le mode de vie est plutôt resté stable. Quant à ceux qui sortent le mieux leur épingle du jeu, ce sont les personnes d'un niveau socio-éducatif élevé, ayant télétravaillé mais n'ayant pas d'enfants à charge. »
Une étude menée chez plus de 5 700 étudiants en France en mars 2020 (2) a montré que plus des trois quarts ont rapporté un stress modéré à élevé. Les jeunes femmes étaient particulièrement concernées (80 % du groupe à stress élevé), mais aussi les personnes fragilisées par le manque de soutien social, une addiction (alcool, cannabis, internet…) ou des compulsions alimentaires. Chez les personnes diabétiques, en surpoids et/ou en situation d'obésité, la sédentarité imposée a eu un impact délétère d'autant plus fort. L'étude Covidiab (3) a ainsi mis en lumière une prise de poids chez 29 % des diabétiques de type 2 ainsi qu'une consommation d'alcool à la hausse (+ 12 %) et de fruits et légumes à la baisse (- 15 %), mais certains patients (19 %) ont à l'inverse saisi l'occasion pour changer positivement leurs habitudes.
D'après un symposium organisé par le Centre national interprofessionnel de l'économie laitière le 1er octobre 2021 lors des journées nationales de médecine générale
(1) M. Deschasaux-Tanguy et al, Am J Clin Nutr, avril 2021, 113, 924-38
(2) V. Flaudias et al, Frontiers in Psychiatry, février 2021. doi.org/10.3389/fpsyt.2021.628631
(3) B. Hansel et al, Nutr Metab Cardiovasc Dis, 2021. 31, 2605-2611
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