Dès le lendemain de l'annonce de l'Afrique du Sud d'arrêter sa campagne de vaccination avec le vaccin d'AstraZeneca/Oxford (ChAdOx1), plusieurs experts de l'Organisation mondiale de la santé avaient mis en garde contre un excès de pessimisme.
C'est dans un état d'esprit similaire que le Groupe stratégique consultatif d'experts de l'OMS sur la vaccination (SAGE) a rendu publiques ses recommandations sur ce vaccin déjà autorisé par plusieurs agences sanitaires, notamment l'Agence européenne des médicaments, ou encore la Haute autorité de santé française.
Le SAGE recommande la vaccination avec deux doses du (ChAdOx1), avec une durée d'intervalle de 8 à 12 semaines entre les deux. Alors que plusieurs pays ont fixé un seuil d'âge au-dessus duquel ne pas l'utiliser, comme la France (qui le réserve aux soignants de moins de 65 ans et aux personnes âgées de 50 à 64 ans souffrant de comorbidités), l'Allemagne, la Suède (65 ans) ou la Belgique (55 ans), les experts de l'OMS ne définissent pas d'âge supérieur limite. « L'efficacité du vaccin sur les populations de plus de 65 ans est incertaine car ils représentent seulement 9,8 % des participants des essais cliniques. La taille de l'échantillon est trop petite pour être précis », lit-on dans l'argumentaire du SAGE, qui met en avant la nécessité de prioriser les populations âgées dans les campagnes de vaccination. « Les personnes de plus de 65 ans devraient recevoir le vaccin », a ainsi déclaré le président du Groupe d'experts, Alejandro Cravioto.
Les experts se montrent un peu plus réservés à l'égard des femmes enceintes et allaitantes : eu égard au manque de données, elles ne doivent être vaccinées avec le vaccin d'AstraZeneca/Oxford que si les bénéfices supplantent les risques, et notamment si elles présentent des risques de développer des formes graves de Covid-19.
Souci d'une vaccination universelle
Autre recommandation : le vaccin AstraZeneca doit être également utilisé dans les pays où circulent des variants. « Même si l'efficacité du vaccin est minorée dans un contexte de circulation des variants, il n'y a pas de raisons de ne pas le recommander », a insisté le Dr Alejandro Cravioto. « Même si une récente étude montre que le vaccin ne protège pas contre les formes légères à modérées du Covid-19 provoquées par le variant B 1 351, il pourrait néanmoins protéger contre des cas sévères » a-t-il déclaré. En tout cas, « la petite taille de l'échantillon n'a pas permis d'évaluer spécifiquement l'efficacité du vaccin contre les formes graves du Covid-19 », lit-on dans l'argumentaire. Et les experts d'appeler à une surveillance accrue des effets secondaires qui pourraient apparaître en vie réelle, et au développement d'autres vaccins qui pourraient pallier ces insuffisances.
Enfin, les experts de l'OMS ont justifié leur recommandation par le souci de vacciner rapidement le plus de monde possible. Il faut en effet rappeler que c'est le vaccin AstraZeneca/Oxford, simple d'utilisation (il se garde dans des réfrigérateurs classiques) qui devrait arriver dans les pays du Sud dès la fin du mois de février. « Il existe un fossé entre les pays riches, et les pays à faibles revenus » a déploré la Dr Soumya Swaminathan, responsable scientifique de l'OMS.
Ce 9 février, le directeur de l'OMS, le DrTedros Adhanom Ghebreyesus a encore dénoncé les trois freins qui mettent en péril l'initiative Covax, censée permettre à 92 pays aux revenus faibles ou intermédiaires, de vacciner 20 % de leur population d'ici à la fin de 2021 : le manque de financement, la compétition entre les pays (certains signant des accords bilatéraux avec les industries), et l'insuffisance de la production de vaccins.
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