Les anciens salariés de l’entreprise Tetra Médical exposés à des « doses élevées » d’oxyde d’éthylène vont pouvoir bénéficier de la mise en place d’une cellule de soutien psychologique et d’un suivi médical post-professionnel, ont annoncé le 22 février dans un communiqué la préfecture d’Ardèche et la ville d'Annonay, où était implantée jusqu’à l’an dernier une unité de production de dispositifs médicaux à usage unique.
Cette annonce fait suite à une rencontre organisée la veille avec une délégation d’anciens salariés, en présence notamment de syndicalistes et de représentants de l’Agence régionale de santé (ARS) et de la médecine du travail.
Un gaz considéré « cancérogène, mutagène et reprotoxique »
Le site industriel de Tetra Médical, ouvert au début des années 1980, a été placé en liquidation judiciaire en 2022. Les 160 salariés de l’entreprise « auraient été exposés à des doses élevées d’oxyde d’éthylène », un gaz industriel considéré comme « cancérogène, mutagène et reprotoxique » et utilisé dans le process industriel de stérilisation des produits conditionnés, explique le communiqué.
Avant la fermeture de l’entreprise, des analyses sanguines ont été « diligentées par la santé au travail dans le cadre d’un examen de recherche déclenché à la suite d’une inspection du site ». Les résultats, reçus fin 2022, montrent un taux d’exposition à l’oxyde d’éthylène « bien supérieur aux seuils tolérés », suscitant une « inquiétude légitime » chez les anciens salariés, poursuit le communiqué.
En réponse, le préfet et le maire affichent une volonté d’accompagner « très rapidement et au mieux » les anciens salariés et leurs proches dans leur prise en charge médicale et psychologique, en lien avec le médecin-conseil de la caisse primaire d’assurance maladie. Et, le service de prévention et de santé au travail « va diligenter le suivi médical post-professionnel », ont-ils annoncé, en même temps que la mise d’une cellule de soutien psychologique.
Une saisine de la procureure de la République
Raphaël Foïs, secrétaire de l'union locale CGT d'Annonay, a salué sur « France Bleu Drôme Ardèche » la création de cette cellule de suivi, « parce qu'aujourd'hui les ex-salariés sont livrés à eux-mêmes ». Selon lui, plusieurs salariés ont partagé, lors de la rencontre avec les services de l’État, des témoignages « percutants ». « Certains ont des cancers du sein, de l'utérus », d'autres « n'ont pas de problèmes de santé eux-mêmes », mais leurs « enfants ont déclaré des malformations congénitales », a-t-il rapporté.
En parallèle des mesures de soutien aux salariés, l’Inspection du travail a lancé une enquête administrative visant Tetra Médical. Le maire d’Annonay, Simon Plénet, va quant à lui saisir la procureure de la République. « Je veux que les salariés sachent qu’ils peuvent compter sur le soutien plein et entier des élus dans cette épreuve qui nous bouleverse tous. Je partage leurs inquiétudes, et je partage aussi les inquiétudes que peuvent avoir les riverains du site de production. C’est pourquoi nous lançons une saisine de la procureure de la République », a-t-il déclaré.
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