Le Premier ministre lui-même s'en est mêlé. Après les messages rassurants de la ministre de la Santé Agnès Buzyn et du préfet Pierre-André Durant suite à l'incendie de l'usine chimique Lubrizol de Rouen, Édouard Philippe a promis dimanche la « transparence totale » sur les résultats des analyses.
Alors qu'il était en déplacement dans le Morbihan à l'université du MoDem, le premier ministre a expliqué que « pour faire face à l'inquiétude légitime des populations, il n'y a qu'une solution : le sérieux et la transparence complète et totale ».
Calmer l'inquiétude
Car l'inquiétude persiste. L'incendie spectaculaire survenu dans la nuit du 25 au 26 septembre dans cette usine classée Seveso seuil haut n'est pas sans poser de grosses interrogations sur les conséquences sanitaires et environnementales. Alors qu'une centaine de communes des Hauts-de-France ont été touchées par la suie, des questions sont encore sans réponse, notamment la liste des produits ayant brûlé, les risques sanitaires liés aux suies et la pollution à plus long terme.
Plusieurs syndicats, dont la CGT et Solidaires, des associations écologistes (Greenpeace, France Nature Environnement) avaient appelé à manifester dimanche devant le palais de justice de Rouen. La CGT a rappelé que « par le passé, la préfecture de Rouen puis la ministre de l'Écologie avaient déjà caché des informations sur les risques encourus, notamment lors de l'épisode du nuage de Mercaptan en 2013 », survenu dans la même usine. Le Mercaptan a aussi cette fois été pointé du doigt comme responsable des nausées et céphalées observées après l'incendie.
Des signaux contradictoires
Les déclarations envoient des signaux contradictoires. Les premières analyses de la qualité de l’air réalisées dès la survenue de l’incendie ont conclu « à l'absence de toxicité aiguë de l’air », alors que des cas de nausées et de céphalées sans gravité ont été observés dans le secteur concerné.
Alors qu'une odeur était encore rapportée dans la ville, le préfet de Normandie a annoncé samedi une « situation normale » pour la qualité de l'air, – sauf sur le site de Lubrizol en raison de benzène. Aujourd'hui, même discours rassurant pour l'eau distribuée sur les 71 communes de la Métrople Rouen Normandie, qualifiée de potable par la collectivité suite aux analysés effectuées par le laboratoire indépendant LABEO.
Des associations vigilantes
Et si les écoles et les universités ont rouvert leurs portes ce lundi après un nettoyage ce week-end, l'annonce de gel de récolte n'est pas pour rassurer, même par « principe de précaution », a indiqué le préfet de région. Le lait, le miel et les œufs d'élevage collectés en plein air « sont consignés sous la responsabilité de l'exploitant jusqu'à l'obtention de garanties sanitaires sur des productions, sur la base de contrôles officiels », a expliqué la préfecture.
Delphine Batho, ex-ministre de l'Écologie, a qualifié samedi l'incendie de Lubrizol comme étant « le plus grave accident industriel depuis AZF en 2001. Le nuage de fumée, les risques de pollution par les suies et les hydrocarbures sont loin d'être anodins ». Générations Futures a annoncé aujourd'hui porté plainte contre X pour mise en danger d'autrui et atteintes à l'environnement. L'association, qui appelle par ailleurs à un rassemblement le mardi 1er octobre à Rouen, explique sa décision en raison notamment d'une « menace d’atteintes graves à la santé humaine sur le long terme ».
Avec AFP
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