La pollution atmosphérique pourrait être un facteur de risque du cancer du sein, et non seulement du poumon ; environ 1 700 cas de cancers du sein seraient attribuables chaque année en France à l'exposition au dioxyde d'azote, évalue une méta-analyse chez 4 millions de femmes publiée dans la revue « Environmental Health Perspectives », par des chercheurs de l’Inserm, du CNRS, et de l’Université Grenoble Alpes.
Les scientifiques se sont intéressés à 13 publications portant sur la relation dose-réponse entre pollution atmosphérique et survenue du cancer du sein, en se concentrant sur trois polluants : les particules en suspension avec un diamètre inférieur à 10 microns (PM10), les particules en suspension avec un diamètre inférieur à 2,5 microns (PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO2).
Pour le cancer du sein, les facteurs de risque environnementaux commencent tout juste à être étudiés, alors qu'on connaît déjà des facteurs liés à la vie reproductive (âge des premières règles, prise d'hormones), comportementaux (consommation d’alcool, activité physique) ou génétiques (5 à 10 % des cas).
Parmi ces 13 publications, les chercheurs ont identifié 27 associations entre les PM10 et la survenue de cancer du sein, 32, avec les PM2,5 et 36 avec le NO2. Toutes les associations étaient rapportées chez des femmes en Amérique du Nord et en Europe, soit un total de 4 millions de personnes. À noter, la méthodologie choisie par l'équipe de Rémy Slama (Institut pour l’avancée des biosciences) tend à réduire les biais existants dans les études entre pollution et cancer (par exemple, le fait qu’une étude mettant en évidence une association a plus de chance d’être publiée qu’une autre négative).
Des associations plus nettes avec le dioxyde d'azote
Les chercheurs ont observé que c'était pour le dioxyde d'azote que la synthèse des études était le plus nettement en faveur d’un effet néfaste sur la survenue de cancer du sein. Notamment pour les cancers du sein hormonodépendants (dont les tumeurs expriment des récepteurs de l’œstrogène et de la progestérone), et ceux apparaissant avant la ménopause, bien que ce critère ne se retrouve que dans quatre études.
Ce polluant issu des combustibles fossiles (moteurs thermiques des véhicules, chauffage urbain) et ceux qui y sont associés de façon indiscernable (comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques) pourraient être à l'origine de 1 700 cas de cancer du sein, soit environ 3 % de l'incidence annuelle en France. Autrement dit, ce sont autant de cancers qui pourraient être évités chaque année en France si les niveaux de dioxyde étaient inférieurs à 6,3 μg/m3, lit-on.
Le coût économique associé, cumulant coûts tangibles (liés aux traitements) et intangibles (liés aux décès, à la perte de qualité de vie et la souffrance des patients) serait de l’ordre de 600 millions à un milliard d’euros par an, calculent les scientifiques.
Pour les deux autres polluants considérés (PM10 et PM2,5), le niveau de preuve était moins élevé. Mais selon les chercheurs, une baisse des PM10 permettrait d'éviter 1 140 nouveaux cancers du sein chaque année et d'épargner 460 millions d'euros (chiffres qui ne peuvent s'ajouter avec ceux obtenus pour le NO2, est-il précisé).
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