Le vaccin anti-Covid de Sanofi et GSK ne sortira pas avant la fin 2021, annoncent ce 11 décembre le laboratoire français Sanofi et le britannique GSK, après des résultats intermédiaires de phase I/II moins bons qu'attendus, notamment chez les adultes âgés de 50 ans et plus.
Chez les adultes de 18 à 49 ans, ce vaccin adjuvanté à protéine recombinante semble induire une réponse immunitaire comparable à celle des patients qui se sont rétablis d’une infection Covid-19, mais ce n'est pas le cas des plus âgés, chez qui des titres d'anticorps neutralisants ont été retrouvés en quantité insuffisante. « Le candidat vaccin a induit une réactogénicité transitoire, mais néanmoins supérieure à ce qui était attendu, probablement attribuable à une formulation d’antigène sous-optimale, sans pour autant être associé à la survenue d’événements indésirables graves », expliquent les entreprises.
Revoir la concentration en antigènes
Les résultats les plus favorables ont été observés dans le groupe recevant la concentration d’antigènes la plus élevée, combinée à l’adjuvant de GSK : des titres d’anticorps neutralisants ont été observés chez 88 % des participants. Une séroconversion a été observée chez 89,6 % des participants du groupe 18-49 ans, 85 % des participants du groupe > 50 ans et 62,5 % des participants du groupe > 60 ans.
« La formulation du produit n'est pas satisfaisante. Il est important de l'optimiser, cela peut prendre un peu plus de temps », a expliqué à l'AFP Thomas Triomphe, le vice-président de la branche vaccins de Sanofi, reconnaissant une « déception ». L'enjeu est d'« affiner la concentration d'antigènes de manière à obtenir une réponse immunitaire élevée dans toutes les tranches d'âge », précisent les laboratoires.
Quelque 441 adultes en bonne santé ont participé à l'étude clinique de phase I/II dans 10 sites aux États-Unis, recevant soit une ou deux injections du candidat vaccin, soit un placebo, à 21 jours d'intervalle.
Nouvelle étude dès février
Sanofi et GSK (qui fournit l'adjuvant) prévoient le lancement d'une étude de phase IIB en février 2021, l'occasion de tester une nouvelle formulation et de la comparer avec un vaccin autorisé contre le Covid-19. Si les données sont positives, la phase III débuterait au deuxième trimestre 2021. La mise à disposition potentielle du vaccin n'arriverait pas avant le quatrième trimestre de 2021, alors qu'il était initialement attendu au début du deuxième semestre de l'année prochaine, avec un prix de vente de moins de 10 euros. L'objectif de produire un milliard de doses en 2021 ne sera donc pas atteint.
Ce sont « trois à quatre mois de retard, mais avec au bout du compte plus d'informations sur une meilleure formulation », assure Thomas Triomphe. « Il reviendra à nos partenaires de décider s'ils veulent commander des doses. » Sanofi et GSK avaient en effet passé plusieurs contrats de livraison, dont l'un avec l'Union européenne qui lui a réservé 300 millions de doses de vaccins pour 2021.
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