Combien de temps durera l'épidémie liée au virus 2019-nCoV ? Probablement des mois, selon plusieurs avis d'experts en épidémiologie, tout en appelant à prendre ces chiffres avec prudence.
« Le meilleur des scénarios serait que cela continue au printemps, à l'été, et puis qu'ensuite ça retombe », considère David Fisman, professeur à l'université de Toronto et auteur d'un bulletin pour la Société internationale des maladies infectieuses.
« Cela ne va pas s'arrêter la semaine ou le mois prochains », corrobore Alessandro Vespignani, professeur à l'université américaine de Northeastern, coordonnateur d'un groupe de chercheurs publiant des analyses en temps réel sur l'épidémie. « Cela va durer un bon moment », résume-t-il.
Plusieurs inconnues
Les experts fondent en partie leurs estimations sur le taux de reproduction de base, ou « R zero », c'est-à-dire le nombre de personnes que peut contaminer un malade. Les estimations vont de 1,4 à 3,8, selon David Fisman. Un taux modéré, note-t-il. Il est de 1,3 pour la grippe saisonnière, de 2 à 5 pour le syndrome respiratoire aigu sévère, à l'origine de 8 000 cas et 774 morts en 2002-2003, et de 12 à 18 pour la rougeole. Si ce taux tombe sous la barre de 1, l'épidémie s'éteindra. Mais il faut attendre de voir l'effet des mesures prises par la Chine, qui se fera ressentir d'ici une à deux semaines, préviennent les experts.
Autre inconnue : une possible contagion avant les symptômes. Selon les autorités chinoises, les personnes infectées seraient contagieuses avant même l'apparition des symptômes. Mais l'Organisation mondiale de la santé ne l'a pas confirmé : « Une information épidémiologique détaillée concernant beaucoup plus de personnes infectées par ce virus est nécessaire pour déterminer la période d'infection du 2019-nCoV, et en particulier la question de savoir si la transmission peut avoir lieu depuis des personnes ne montrant aucun symptôme ou pendant la période d'incubation », considère l'OMS. L'Agence des Nations unies estime pour l'instant que la période d'incubation est de deux à dix jours.
Le nombre officiel de cas est de plus de 4 000 en Chine et une cinquantaine en dehors du pays. Mais selon le groupe international de Northeastern, le nombre réel de cas chinois tendrait plutôt vers 25 000, tandis que des chercheurs de l'université de Hong Kong estiment qu'il y aurait actuellement plus de 40 000 cas.
Quant au taux de mortalité, il avoisine les 3 % actuellement, mais il est sujet à variations. « Nous sommes dépendants des annonces des autorités chinoises pour calculer la contagion et la mortalité. Celle-ci pourrait continuer à baisser avec l'augmentation des contaminations », a commenté ce 28 janvier Agnès Buzyn.
« Il est hors de question que je me lance dans la moindre campagne si nous devons faire face à une pandémie mondiale », a déclaré Agnès Buzyn, à l'occasion de ces vœux à la presse, ce 28 janvier. « J'étais en discussion avec Benjamin Griveaux mais avec la réforme des retraites et la crise de l'hôpital, j'ai été déjà très occupée. L'arrivée du coronavirus fait que je dois me concentrer totalement sur cette potentielle crise sanitaire internationale », a-t-elle précisé.
La ministre a par ailleurs précisé que plusieurs avions devraient partir vers Wuhan ce jeudi avec à leur bord une équipe médicale en cours de constitution, afin de rapatrier ceux qui le souhaitent parmi les quelque 500 Français qui y vivent. Malades et sains devraient être séparés puis pris en charge dans un lieu en région parisienne, à proximité des hôpitaux de référence. D'autres ressortissants européens pourraient éventuellement bénéficier de ce rapatriement.
Sur le territoire français, les trois cas confirmés sont encore sous suivi médical, sans que leur état ne suscite d'inquiétude majeure, tandis que les analyses des 6 cas suspects se sont révélées négatives.
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