DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE
L’HÔPITAL COUPLE-ENFANT de Grenoble, dont Martine Aubry a visité les services de surveillance continue et de réanimation pédiatrique, est un exemple d’excellence, qui conjugue technologies de pointe, bâtiments neufs, équipes performantes et recherche. Un lieu de choix pour présenter un programme qui pourrait s’intituler « L’hôpital au cœur du système de santé français ».
La candidate à la primaire socialiste entend en effet remettre d’aplomb l’hôpital public, considérant que l’institution est « là pour donner à chacun les soins qu’il doit avoir », mais qu’elle est confrontée à un « malaise extrêmement important ». En cause, selon elle, la loi Hôpital, patient, santé et territoire (HPST) qui a introduit la culture d’entreprise dans le service public. « Il y a un découragement considérable à l’hôpital, qui touche tout le monde, de l’aide soignante, de l’ambulancier, au chef de service. Les personnels n’ont pas assez de temps ni l’autonomie suffisante pour remplir à bien leurs missions or ils ne peuvent rien lâcher face à leurs patients qui souffrent », a-t-elle déclaré jeudi à l’Institut de neurosciences. Martine Aubry appelle, a contrario, à faire confiance au monde hospitalier, qui doit sortir d’une bureaucratie trop lourde : « Dire à chaque fonctionnaire qu’il doit bien utiliser l’argent public, c’est une évidence : si on regarde de près, les hôpitaux sont bien gérés, à quelques exceptions près. »
L’ancienne ministre des Affaires sociales, qui refuse d’opposer hôpital et ville, a ensuite développé sa vision de la médecine de proximité. Pour lutter contre la désertification médicale, elle propose d’encourager la création des maisons de santé pluridisciplinaires, qui correspondent, selon elle, à une demande des médecins. « Mais on ne doit pas les imposer, l’exercice regroupé doit rester un choix », nuance-t-elle.
Médecine, ENA : même combat.
Avec davantage de fermeté, elle affiche sa détermination à « demander aux jeunes médecins de s’installer, pendant 5 ans après la fin de leur formation, dans des zones de pénurie ». « Les médecins ont la chance que les citoyens financent 11 ou 12 ans leurs études. Il y a des zones entières où il n’y a pas de professionnels de santé, et le problème ne réside pas seulement dans l’incitation financière », souligne-t-elle, en faisant la comparaison avec les énarques ou les normaliens, qui doivent 10 ans de leur carrière à l’État. « Nous en débattrons avec les syndicats, mais il faudra avancer », a-t-elle martelé.
Autre sujet que Martine Aubry prévoit d’inscrire au menu de futures négociations avec les syndicats médicaux, l’encadrement du secteur II et le plafonnement des dépassements d’honoraires. « Il y a des quartiers entiers où il n’y a plus un seul spécialiste de secteur I. On ne peut pas continuer comme ça ! Dans ma ville, il faut attendre 11 mois pour obtenir un rendez-vous en ophtalmologie à l’hôpital et certains parents ne peuvent payer une consultation en ville. C’est dramatique pour les enfants qui ont un problème de vue et risquent leur année scolaire ! »
La candidate socialiste a enfin insisté sur la nécessité de valoriser la prévention, après des années où les soins furent l’alpha et l’oméga de tous les budgets. Elle a en particulier ciblé la médecine scolaire, dans un état « déplorable », et la médecine du travail, « qui doit être indépendante ». Concrètement, Martine Aubry veut s’appuyer sur les généralistes, et suggère de mettre en place, comme en Allemagne, un forfait mensuel pour les médecins qui accepteraient d’assurer le suivi d’une centaine de personnes sur un territoire donné. « Les citoyens pourraient venir voir leur médecin en prévention et pas seulement lorsqu’ils sont malades. »
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