Les ministres de la Transition écologique et de la Santé ont lancé le 7 mai le 4e plan national santé environnement (PNSE 4) 2021-2025, avec la volonté de mieux informer les citoyens de l’état de notre environnement et des bons gestes à adopter. Dans ce cadre, la direction interministérielle du numérique (DINUM) a mis au point un service numérique permettant de les renseigner quotidiennement sur la qualité de l'air de leur ville.
Concrètement, Recosanté est une lettre d’information gratuite, accessible à tous et envoyée tous les jours par mail. L'usager y retrouvera l'indice de qualité de l’air de sa ville (basé sur l'indice Atmo, les épisodes de pollution et l'indice risque allergique d’exposition aux pollens [RAEP]) et des recommandations comportementales personnalisées. L'objectif : aider les usagers à réduire l'impact des polluants atmosphériques et des pollens sur leur santé.
Regrouper les données officielles
« À travers cette lettre d'information, le but était de regrouper toutes les données officielles* concernant la qualité de l'environnement sans avoir à jongler entre les différents sites », indique au « Quotidien » Pierre Rousseau de la DINUM.
Le service est accessible en s'inscrivant avec son adresse mail. Quelques informations sont alors à préciser comme la ville, une éventuelle sensibilité ou vulnérabilité à la qualité de l'air, une allergie aux pollens, le type de déplacement privilégié ou le fait de vivre avec des enfants ou des animaux. Ces informations permettent de proposer des recommandations adaptées à l'environnement de l'usager.
« Toutes les personnes ayant des troubles respiratoires, BPCO, emphysème pulmonaire, asthmatiques sévères, allergiques aux pollens, souffrent quotidiennement de la pollution de l'air et sont demandeurs d'information pour améliorer leur quotidien », note Pierre Rousseau. Et au-delà, de plus en plus de Français sont soucieux de leur environnement. « Eux aussi ont envie d'être informés des pics de pollution, des pics polliniques, etc. pour préserver leur santé, poursuit Pierre Rousseau. L'objectif est que chacun puisse aménager sa journée et adapter ses habitudes afin d'être moins impacté par la pollution environnementale. »
Pour mettre au point cet outil et élaborer ces recommandations, l'équipe de la DINUM s'est entourée de médecins généralistes et spécialistes (allergologues, cardiologues, pneumologues), mais aussi de kinés et d'associations comme Association Santé respiratoire France.
Une plateforme pour les professionnels de santé
Les recommandations sont diverses. Elles portent notamment sur l'aération de son logement − il est par exemple recommandé d'ouvrir ses fenêtres au moins 10 minutes par jour en évitant les heures de pointe et d'aérer très largement pendant et après les activités de nettoyage. Des recommandations peuvent aussi porter sur l'activité physique (privilégier les parcs et zones peu circulantes, éviter les heures de pointe du trafic automobile…) ou le ménage (laver les sols une fois par semaine pour éliminer les poussières qui contiennent des polluants, privilégier les produits ménagers labellisés Écolabel européen, voire des produits d'entretien naturels pour les tâches ménagères…).
« Nous passons une grande partie de notre temps à l'intérieur, que ce soit à domicile, sur le lieu de travail, dans les transports. Or, l'air intérieur est cinq à sept fois plus pollué que l'air extérieur. C'est pourquoi de nombreux conseils visent à améliorer la qualité de l'air intérieur », souligne Pierre Rousseau.
Recosanté a également vocation à être un outil à la disposition des professionnels de santé pour les aider à faire de la prévention auprès de leurs patients. Une plateforme leur est dédiée, via laquelle ils peuvent eux-mêmes inscrire leurs patients. Un kit de communication est également téléchargeable.
« Le format et le contenu de Recosanté sont susceptibles d'évoluer, nous pouvons notamment ajouter de nouveaux paramètres au cours du temps. En particulier, nous réfléchissons déjà à intégrer des informations sur la qualité de l'eau », avance Pierre Rousseau.
* Données issues du ministère de la Santé, de l’Ademe, de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, etc.
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