Alors que 12,4 millions d'élèves reprennent le chemin de l'école, ce 1er septembre, l'Académie de médecine insiste sur l'importance du respect des mesures d'hygiène et la définition de la conduite à tenir en cas d'infection afin que la sérénité soit au rendez-vous. Car elle appelle en parallèle à ne pas retarder la rentrée de classes, au nom de « l'éducation et du bien-être psycho-social des enfants ».
Prévention grâce à la médecine scolaire
L'Académie invite donc à renforcer le rôle de la médecine scolaire pour les actions d’information, d’éducation sanitaire et de dépistage. « L'apprentissage des gestes barrière par les enfants permet de les impliquer comme promoteurs et défenseurs de la prévention », soulignent les sages, tout en incitant à sensibiliser les parents à la lutte contre l'épidémie.
Et de rappeler les grandes lignes du protocole sanitaire du ministère de l'Éducation nationale : obligation du port du masque pour les élèves à partir du collège, et pour tout le personnel scolaire et les parents ; espacement d'un mètre entre les élèves dans les classes et réfectoires autant que possible ; limitation du brassage des élèves ; aération régulière et désinfection pluriquotidienne des locaux et des matériels. À noter, le gouvernement renvoie nombre de décisions aux acteurs locaux, misant sur leur « pragmatisme et bon sens ».
L'Académie invite par ailleurs à promouvoir des campagnes de vaccination contre la grippe en milieu scolaire dès le mois d’octobre. Dès juillet, elle avait déjà plaidé pour vacciner les nourrissons contre le rotavirus responsable d'épidémies de gastro-entérite aiguë (GEA).
Un protocole d'enquête prêt dans chaque établissement
Que faire si un enfant présente des signes évocateurs de Covid-19 ? Les pédiatres de la Société française de pédiatrie demandaient la semaine dernière des directives claires. « La conduite à tenir doit être clairement définie », insiste en écho l'Académie.
Chaque établissement devrait avoir un protocole d’enquête prévoyant un accès rapide aux tests de dépistage immédiatement applicable en cas de survenue d'un cas, en liaison avec l'Agence régionale de santé, considère l'Académie.
Et de proposer une marche à suivre : l’enfant doit rester à la maison s’il est fébrile (température ≥ 38 °C) ou si une personne est porteuse du virus au sein du foyer familial. En classe, le médecin scolaire doit prendre en charge le dépistage autour d’un cas ainsi que les procédures d’exclusion adaptées. Les fermetures de classe « excessives » doivent être évitées.
Pas de dépistage systématique des cas asymptomatiques
L'Académie déconseille un dépistage systématique des cas asymptomatiques chez l’enfant. Les tests RT-PCR sont à pratiquer dès le primaire chez des enfants symptomatiques ou exposés à un cas positif.
Pour les plus petits, en maternelle, les cas symptomatiques doivent être distingués des infections saisonnières.
La durée d’exclusion des cas confirmés est de 14 jours mais pourrait être diminuée.
Enfin, passant sous silence les divergences entre médecins autour du masque pour les enfants, l'Académie entend « lever les craintes légitimes qui persistent chez les parents sur le risque encouru par leurs enfants ». Seulement 1 % des hospitalisations pour Covid-19 concerne les enfants en France, la majorité des enfants infectés développant des formes aymptomatiques ou bénignes. Et les enfants seraient, notamment avant 10 ans, de faibles transmetteurs.
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