« J’AIMERAIS qu’on en parle, de l’hôpital et de la santé publique. » Le souhait que Jean-Michel Baylet, le candidat radical, a formulé au détour d’une phrase, au bout de 1 heure 30 d’échanges parfois musclés, est resté lettre morte. Le système de soins français n’a pas fait l’objet d’une seule passe d’armes entre les prétendants à la primaire socialiste qui ont préféré débattre de l’emploi, la TVA sociale, la sécurité, l’immigration, ou encore de la morale en politique.
L’ancienne ministre des Affaires sociales, Martine Aubry, s’est montrée la plus concernée par la santé. Elle a d’abord dénoncé la taxation des mutuelles, l’une des mesures du plan d’austérité du gouvernement, en s’appuyant sur les mêmes arguments que lors du débat du 15 septembre. « Quand on voit que monsieur Fillon vient de faire voter une augmentation du prix des mutuelles, quand un quart des Français n’arrive pas à se faire soigner, au lieu de taper sur les hautes rémunérations et de supprimer cette réforme de l’impôt sur la fortune qu’il venait de faire, on voit bien qu’aujourd’hui rien n’est fait pour relancer la croissance », a-t-elle déclaré en début d’émission. Elle a également paru sensible au malaise de l’hôpital public. « Je voudrais qu’on redonne sa chance à chacun, c’est ça la République, aux enseignants, aux personnels de l’hôpital, aux médecins, aux policiers, aux gens de la justice, ils ont tous manifesté, ils sont découragés, alors qu’on a la chance d’avoir des corps formidables », a-t-elle lancé en conclusion. Elle a enfin évoqué les chantiers qui ne manqueront pas de s’inscrire sur l’agenda du futur président : la dépendance et l’accessibilité des bâtiments publics aux personnes handicapées à l’horizon 2015. « Je pense que la perte d’autonomie des personnes âgées, il faut la prendre en compte par la solidarité, mais j’ai besoin de vous pour que vous luttiez contre la solitude de la personne âgée qui est à côté de vous, j’ai besoin de vous pour jeter un autre regard sur une personne handicapée parce que oui je ferai l’accessibilité à l’emploi, au bâti, à la culture, mais oui, nous avons besoin de vous. »
En guise de réponse, Ségolène Royale, qui lui succédait dans l’ordre de parole, a souligné son attachement aux « valeurs traditionnelles, c’est-à-dire qui appartiennent à tout le monde, la famille, l’éducation, la santé et la sécurité ».
Enfin, la question du financement de la Sécurité sociale fut présente en creux lors des escarmouches entre Manuel Valls d’un côté, défenseur d’une TVA sociale, et ses concurrents, de l’autre. Le premier propose en effet de basculer des entreprises vers les ménages une partie du financement de la protection sociale en diminuant les cotisations patronales et en augmentant d’un point la taxe sur la valeur ajoutée, une opération qui rapporterait, selon lui, 10 milliards d’euros à l’État. Martine Aubry a dénoncé un mécanisme qui touche « d’abord les classes populaires et les classes moyennes » ; Ségolène Royal l’a taxé de mesure « anti-sociale » ; Arnaud Montebourg a fustigé une « solution de droite ».
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