Les ministres de la Transition écologique et de la Santé ont lancé ce 7 mai le 4e plan national santé environnement (PNSE 4) 2021-2025*, autour du thème « Un environnement, une santé ». La crise sanitaire a rappelé, s'il en était besoin, les liens étroits entre santés humaine, animale et environnementale, remettant le concept « Une seule santé » (« One health ») sur le devant de la scène.
« Protéger les générations actuelles comme les générations futures est aujourd’hui une responsabilité partagée. C’est pourquoi le PNSE 4 doit permettre à chacun, élus, professionnels de santé et chercheurs, d’agir pour un environnement favorable à la santé », a déclaré Olivier Véran.
Selon l'Organisation mondiale de la santé, les facteurs environnementaux et comportementaux sont responsables de 15 % des décès en Europe. L'ambition affichée de ce nouveau plan est ainsi de « mieux comprendre les risques auxquels chacun s’expose afin d’avoir les moyens de mieux se protéger ».
Mieux former les professionnels de santé
L'une des mesures-phares vise à ainsi mieux former et sensibiliser les professionnels de santé « en intégrant la santé environnement dans leur formation, en particulier lors du service sanitaire des étudiants en santé (SSES) ».
Quatre axes ont été définis dans le plan pour la santé et celle des écosystèmes : 1. S’informer, se former et informer sur l’état de notre environnement et des bons gestes à adopter ; 2. Réduire les expositions environnementales sur l’ensemble du territoire ; 3. Démultiplier les actions concrètes menées par les collectivités ; et 4. Mieux connaître, grâce à la recherche, les expositions et les effets de l’environnement. Pour chaque axe, des actions concrètes ont été détaillées.
Pour accompagner les citoyens au quotidien, plusieurs outils sont présentés. Un service numérique accessible à tous est déployé pour informer les citoyens de la qualité de l'environnement proche de leur domicile et leur fournir des recommandations sur les bons gestes à adopter (concernant le risque allergique aux pollens, la pratique de l'activité physique, l'utilisation des produits ménagers…). Recosanté prend la forme d'une lettre d’information personnalisée envoyée tous les jours par mail.
D'ici à 2022, un Toxiscore et les lumières bleues interdites pour les jouets
À l'image du Nutri-Score pour l'alimentation, un affichage de type Toxiscore pourrait voir le jour dès 2022 pour améliorer la lisibilité de l’étiquetage des produits ménagers et mieux comprendre les risques associés. Et pour guider le consommateur dans ses choix, l'application smartphone Scan4Chem devrait permettre d’identifier la présence de substances chimiques dangereuses dans des produits du quotidien.
Des mesures seront aussi prises pour interdire d'ici à 2022 les lumières bleues les plus dangereuses dans les jouets des enfants. Ces lumières bleues sont en effet nocives pour le sommeil et la vision. Les deux ministères ont également rappelé que la suspension de mise sur le marché du dioxyde de titane alimentaire (additif E171) actée en 2019 pour un an avait été renouvelée au 1er janvier 2020, alors que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a estimé ce 7 mai qu'il ne pouvait plus être considéré comme sûr. « La France fera une analyse systématique bénéfice-risque des autres nanoparticules », ont précisé les deux ministères.
Le plan prévoit également d'augmenter les contrôles d’émission des antennes dans le cadre du déploiement de la 5G, de renforcer la surveillance de la santé de la faune terrestre et la prévention des zoonoses, d'améliorer la qualité de l'air intérieur, mais aussi de réduire les nuisances liées à la lumière artificielle et l'exposition au bruit.
Un « Green Data for Health »
La lutte contre les « phénomènes de mousses » est également une mesure majeure. Ces phénomènes que l'on peut observer sur les plages en France sont liés « à une pollution des eaux par des molécules de détergents pétrochimiques », décrivent les deux ministères, précisant que cela peut être évité « en privilégiant les détergents (liquide vaisselle, lessive, etc.) avec des profils plus favorables pour l'environnement et la santé ».
Un Green Data for Health, espace commun de partage de données, va être créé pour faciliter l’accès aux données environnementales. « Cet espace permettra de décrire les données environnementales pertinentes et disponibles pour être croisées avec des données de santé et caractériser les expositions aux facteurs environnementaux susceptibles d’affecter la santé », est-il décrit.
Une enveloppe de 90 millions d'euros pour la recherche
Une enveloppe budgétaire de 90 millions d’euros est allouée au financement des programmes de recherche scientifiques relatifs aux facteurs environnementaux et aux expositions multiples ayant un impact sur la santé ainsi qu'aux pathogènes émergents, notamment ceux qui se propagent de l’animal à l’homme.
Dans le cadre de la recherche sur l'exposome et les maladies liées aux atteintes à l’environnement, « deux programmes et équipements prioritaires de recherche seront mis en place et permettront à la France de se doter d’outils puissants et pérennes et de se positionner aux niveaux européen et international », lit-on.
« Ce PNSE n'inclut pas toutes les actions du gouvernement en termes de santé environnement. (...) Certaines thématiques comme les pesticides, la qualité de l'air et les perturbateurs endocriniens ne sont pas incluses en tant que tel et font l'objet d'actions dédiées », souligne le ministère de la Transition écologique.
*Ce 4e plan est le fruit d’une concertation menée depuis janvier 2019 avec l’ensemble des parties prenantes dans le cadre du Groupe Santé Environnement (GSE), présidé par Élisabeth Toutut Picard*, précisent les deux ministères. La consultation du public, du 26 octobre au 9 décembre 2020, ainsi que les recommandations de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’évaluation des politiques publiques de santé environnementale ont contribué à la finalisation de ce plan.
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