De la primaire PS au projet présidentiel

Un programme santé à la sauce hollandaise

Publié le 19/10/2011
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Crédit photo : S TOUBON

LARGE VAINQUEUR de la primaire socialiste avec près de 57 % des suffrages devant Martine Aubry, François Hollande doit désormais convaincre l’ensemble des Français - et plus particulièrement le corps médical réputé à droite - d’ici au premier tour de l’élection présidentielle, le 22 avril 2012. Sur la santé, comme sur d’autres sujets (la retraite, le nucléaire…), le député de Corrèze devra préciser son projet pour 2012 sans renier les propositions socialistes.

Car l’ancien secrétaire national du PS a parfois joué une partition originale, se démarquant volontiers du programme officiel ou de ses concurrents directs. Sur la démographie en particulier, François Hollande, fils de médecin, a clairement montré sa différence avec Martine Aubry, avocate d’une ligne plus dure. L’ancienne ministre de la Santé plaidait pour une régulation autoritaire de l’installation des praticiens avec obligation pour les jeunes médecins d’exercer pendant 5 ans dans une zone sous dense à la sortie de leurs études. Le programme PS plaidait aussi pour une certaine fermeté. François Hollande a pris le contre-pied des positions dirigistes, envisageant seulement de limiter le conventionnement des médecins dans les zones les plus surdotées. « Les mesures coercitives à l’installation ne marchent pas, déclarait-il au « Généraliste » fin septembre. Il faut engager le dialogue autour de mesures qualitatives répondant aux attentes des jeunes professionnels : développement des maisons, centres et réseaux de santé. »

C’est aussi sur la base du dialogue et non de la contrainte que François Hollande entend avancer sur la diversification des modes de rémunération des médecins libéraux. Pas question de salarier tous les médecins ou de généraliser les centres de santé. Il faut introduire une part forfaitaire, dans le cadre d’un exercice pluridisciplinaire, qui permettrait de mieux valoriser les actes de prévention, a-t-il expliqué à plusieurs reprises. Dans le programme socialiste élaboré par l’aile gauche du parti, les forfaits avaient vocation à devenir le mode de rémunération majoritaire en médecine générale. Ce point devra être précisé, les syndicats de médecins libéraux restant très attachés au paiement à l’acte.

François Hollande s’était enfin illustré en se prononçant pour l’arrêt de la convergence tarifaire entre les hôpitaux publics et les cliniques, en réclamant un « strict plafonnement des dépassements » et en rejetant la solution du secteur optionnel. « Lors de cette primaire, François Hollande a donné de grands axes mais il n’a pas dévoilé toutes ses cartouches, il y aura des propositions fortes pendant la campagne, confie le

Dr Claude Pigement, membre actif de l’équipe santé de l’élu corrézien. Le candidat Hollande apportera sa patte au projet socialiste. Il a déjà montré qu’il était à l’écoute du corps médical ». Plus direct, Jean-Marie Le Guen juge que le projet socialiste était « particulièrement faible en matière de santé ». « Il faut que le projet de François Hollande requalifie la santé comme un enjeu prioritaire, affirme le député socialiste de Paris. C’est une thématique sur lequel il est fort, qu’il a travaillée et qui lui tient à cœur ».

 CHRISTOPHE GATTUSO

Source : Le Quotidien du Médecin: 9028