Des chercheurs français expliquent pourquoi le cancer de la prostate est plus agressif chez les obèses

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Publié le 13/01/2016
PROSTATE

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Crédit photo : PHANIE

Le tissu adipeux périprostatique (TAPP) peut servir de catalyseur à la progression d'un cancer de la prostate qu'il tend à rendre plus agressif chez les patients obèses. Dans un article publié dans « Nature Communication », les chercheurs français de l'université Toulouse III - Paul Sabatier viennent de décrypter les mécanismes qui permettent aux cellules tumorales d'infiltrer les tissus adipeux périprostatiques, ouvrant dans le même temps la voie à des nouvelles pistes thérapeutiques.

En analysant les sécrétions des adipocytes, les chercheurs ont découvert que les chimiokines plus particulièrement produites par les cellules du TAPP interagissent avec les récepteurs des cellules tumorales. En particulier la CCL7, connue pour réguler l'activité des macrophages, interagit avec les récepteurs CCR3. Les adipocytes attirent ainsi à elles les cellules tumorales en jouant sur l'affinité entre CCL7 et CCR3. Le TAPP sert alors de porte d'entrée à la tumeur vers le reste du corps.

 

Le CCR3, marqueur de l'agressivité du cancer de la prostate

 

Les chercheurs ont ensuite testé l'influence de l'obésité sur ce mécanisme chez 40 souris dont la moitié a été soumise à un régime hyperlipidique. La progression des tumeurs et leur dissémination hors de la prostate étaient plus importantes chez les souris en surpoids que chez celles ayant un poids normal. La sécrétion de CCL7 est par ailleurs plus importante chez les souris obèses. Lorsque des cellules tumorales n'exprimant plus de CCR3 sont implantées dans la prostate de souris, la progression de la tumeur et sa dissémination sont très fortement réduites, surtout chez les souris obèses.

Enfin, les chercheurs ont observé que la sécrétion de CCL7 était également plus importante chez les humains obèses que chez ceux qui ont un poids normal. Ils ont également montré, sur un échantillon de 100 biopsies tumorales, que les tumeurs exprimant un haut niveau de CCR3 sont les plus agressives. « Des molécules ciblant CCR3 ayant déjà été développé par l'industrie pharmaceutique, nous souhaitons désormais étudier cette nouvelle piste thérapeutique qui pourrait permettre de diminuer l'agressivité du cancer de la prostate chez les personnes obèses », concluent les auteurs.

 


Source : lequotidiendumedecin.fr